Un climat de tension dans les campus
La mort tragique de Quentin Deranque lors d'une conférence à Sciences Po Lyon a plongé les universités françaises dans une crise sans précédent. Mercredi 18 février, une nouvelle annulation a été enregistrée à l'École Normale Supérieure, où la conférence de l'eurodéputée insoumise Rima Hassan a été supprimée par le syndicat organisateur. Cette décision s'inscrit dans un contexte de polarisation croissante, où les débats politiques deviennent de plus en plus inflammables.
Des étudiants divisés sur la liberté d'expression
À Paris Dauphine, les avis sont partagés. Une étudiante déclare : « Je pense que tout le monde n'a pas sa place dans le débat public. Je suis assez partisane de l'arc républicain. » À l'inverse, un de ses camarades s'insurge : « Si on ne peut plus inviter les gens à échanger sur des idées, parce qu'il y a des heurts, des manifestations, des confrontations, des violences, c'est scandaleux. C'est dangereux même pour la démocratie. »
Le gouvernement sous pression
Le gouvernement, par la voix du ministre de l'Enseignement supérieur Philippe Baptiste, a tenté de trouver un équilibre. Une circulaire a été envoyée aux préfets et recteurs pour « concilier les libertés d'expression et le maintien de l'ordre ». Cependant, cette approche soulève des questions sur la liberté académique, pilier des institutions universitaires.
Un cadre juridique strict
Thomas Hochmann, professeur de droit public à l'Université Paris-Nanterre, rappelle que l'interdiction de conférences est exceptionnelle.
« Il ne suffit pas de dire : Dans l'abstrait, le sujet est controversé, il y a eu des violences dans le passé. Il faut vraiment apporter des éléments pour dire qu'il y a un vrai risque de violences. »Cette nuance juridique pourrait bien freiner les ardeurs des autorités tentées par la censure.
La démocratie en danger ?
Alors que certains campus comme Paris Dauphine continuent d'accueillir des personnalités politiques comme Rachida Dati et Emmanuel Grégoire, la question se pose : jusqu'où peut-on aller dans la restriction des débats ? Dans un pays où la polarisation politique atteint des sommets, cette affaire pourrait bien devenir un symbole des tensions actuelles.