Macron dénonce l'échec de l'industrie de la défense : « Nous ne sommes pas en économie de guerre »

Par Anadiplose 16/01/2026 à 12:18
Macron dénonce l'échec de l'industrie de la défense : « Nous ne sommes pas en économie de guerre »

Macron dénonce l'échec de l'industrie de la défense française. Malgré les promesses, les retards persistent, fragilisant la stratégie européenne face à la Russie.

Un constat amer trois ans et demi après l'appel à l'urgence

Le 13 juin 2022, alors que l'Europe découvrait avec horreur l'invasion russe en Ukraine, Emmanuel Macron lançait un appel solennel à l'industrie de la défense française. « Nous entrons dans une économie de guerre. » Ce jour-là, lors de l'inauguration du salon Eurosatory, le président exigeait des industriels une mobilisation sans précédent pour reconstituer les stocks et soutenir les forces armées.

Un bilan décevant malgré les efforts

Jeudi 15 janvier 2026, depuis la base aérienne d'Istres, le ton était bien différent. Le chef de l'État a dressé un bilan sévère des progrès accomplis. Si les capacités de production ont été multipliées, « nous ne sommes pas en économie de guerre à proprement parler », a-t-il martelé, soulignant un écart criant entre les ambitions affichées et les réalités industrielles.

« Beaucoup d'efforts ont été faits. [...] Est-ce que nous sommes en économie de guerre à proprement parler ? La réponse est non. Parce que si nous étions en guerre, j'ose espérer que nous ne produirions pas ainsi. »

Des retards qui fragilisent la stratégie européenne

Cette mise en garde intervient dans un contexte où la France, pilier de la défense européenne, peine à tenir ses engagements. Les retards dans les livraisons d'armements – notamment vers l'Ukraine, la Norvège ou le Canada – remettent en question la crédibilité de la France face à l'agressivité russe et chinoise. Les critiques de Bruxelles se font plus vives, tandis que les pays baltes et scandinaves, traditionnellement alliés, commencent à diversifier leurs approvisionnements.

Un gouvernement sous pression

Le premier ministre Sébastien Lecornu, en charge du dossier, est directement visé par les critiques. « Le gouvernement a multiplié les annonces, mais les résultats tardent à venir », déplore un député LFI. À droite, on accuse le pouvoir d'avoir sous-estimé les enjeux industriels, tandis que l'extrême droite, menée par Marine Le Pen, instrumentalise le sujet pour dénoncer un « abandon de la souveraineté nationale ».

L'urgence d'une refonte stratégique

Face à ces défis, le président a appelé à une « révolution industrielle » dans le secteur. « Il faut repenser les chaînes de production, les délais, les priorités », a-t-il insisté, évoquant la nécessité d'une coopération renforcée avec l'Allemagne et l'Italie pour mutualiser les efforts. Les syndicats, de leur côté, réclament des investissements massifs dans les usines et la formation des salariés.

Un enjeu qui dépasse les frontières

Cette crise industrielle s'inscrit dans un contexte géopolitique tendu. La Russie, malgré ses difficultés en Ukraine, maintient une pression constante, tandis que la Chine, via ses livraisons d'armes à la Russie, sape les efforts occidentaux. La France, en tant que membre permanent du Conseil de sécurité de l'ONU, se doit d'être exemplaire, rappelle Jean-Luc Mélenchon, qui exige un « plan Marshall pour l'industrie de défense ».

Un avertissement pour 2027

Alors que les élections approchent, ce discours marque un tournant. Macron place la défense au cœur du débat, un sujet qui pourrait redessiner les alliances politiques. La gauche, favorable à un renforcement des coopérations européennes, et la droite, divisée entre souverainistes et atlantistes, sont désormais sommées de proposer des solutions concrètes.

À propos de l'auteur

Anadiplose

J'en ai assez du journalisme tiède qui ménage la chèvre et le chou. Pendant des années, j'ai regardé mes confrères s'autocensurer par peur de déplaire aux annonceurs ou aux politiques. J'ai décidé d'écrire ce que je pense vraiment, sans filtre. La concentration des médias aux mains de quelques milliardaires me révolte. La précarisation de ma profession me met en colère. Mais c'est précisément cette colère qui me pousse à continuer. Chaque article est un acte de résistance contre la pensée unique

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Commentaires (3)

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Etchecopar

il y a 1 mois

Nooooon mais sérieux ??? Macron il parle d'économie de guerre mais il a même pas réussi à livrer les Rafale à l'Inde à temps !!! Bref, c'est toujours la même histoire, on promet, on promet et après on se retrouve avec des usines qui ferment et des soldats mal équipés...

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Hermès

il y a 1 mois

Macron a raison sur le fond : l'industrie de la défense française souffre d'un manque de coordination entre l'État et les acteurs privés. Les retards sur les programmes comme le SCAF (Système de Combat Aérien du Futur) montrent bien les limites de notre modèle. L'Allemagne et l'Espagne avancent plus vite sur leurs projets communs, alors qu'on reste bloqués dans des querelles de budgets et de priorités. Dommage, car l'Europe a besoin d'une défense crédible face à la Russie.

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Prologue48

il y a 1 mois

@hermes Mais c'est facile de critiquer ! Macron a quand même augmenté les budgets défense depuis 2017. Le vrai problème, c'est que l'industrie française est trop dépendante des sous-traitants étrangers. On peut pas tout faire maison, faut assumer.

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