Un discours présidentiel devenu viral pour les mauvaises raisons
Deux mots, une intonation maladroite, et une viralité inattendue. Le discours d'Emmanuel Macron au Forum économique mondial de Davos, prononcé le 20 janvier dernier, a déclenché une vague de moqueries en ligne. Dans une allocution en anglais, le président français a reconnu que « l’Europe est parfois trop lente, c’est sûr » (« sometimes is too slow, for sure »), en insistant sur la dernière phrase avec un accent jugé exagéré. Cette séquence, rapidement surnommée « for shur » par les internautes, a alimenté des milliers de parodies, remixes et même des tee-shirts.
Un symbole de la difficulté française avec les langues étrangères
Cette anecdote, bien que mineure, illustre une fois de plus la fracture linguistique qui persiste en France. Si les Français y voient une confirmation de leur réputation de mauvais élèves en langues, à l’étranger, cette maladresse est souvent perçue comme un trait de French chic, cette élégance maladroite qui séduit au-delà des frontières. La gauche y voit une preuve supplémentaire de la nécessité d’investir dans l’éducation linguistique, tandis que la droite et l’extrême droite en font un argument pour défendre un retour à un nationalisme culturel.
Un précédent historique : Chirac et son « This is provocation ! »
Cette situation rappelle un autre moment emblématique de l’histoire politique française : la sortie de Jacques Chirac en 1996 à Jérusalem, où il avait apostrophé des officiers israéliens en anglais approximatif.
« What do you want ? Me to go back to my plane and go back to France, is that what you want ? (…) This is provocation ! »Ces mots, prononcés sous le coup de l’émotion, étaient devenus un symbole de la résistance française face aux pressions étrangères.
Un enjeu diplomatique et médiatique
Dans un contexte de tensions croissantes avec les États-Unis et certains pays européens, cette maladresse verbale pourrait alimenter les critiques sur la capacité du gouvernement Lecornu II à défendre la France sur la scène internationale. La gauche appelle à une diplomatie plus offensive, tandis que l’extrême droite instrumentalise l’incident pour dénoncer une soumission aux normes anglophones.
La viralité comme arme politique
Les réseaux sociaux ont transformé cette anecdote en un véritable phénomène, prouvant une fois de plus leur pouvoir d’influence sur l’agenda politique. Les DOM-TOM, souvent en première ligne dans les débats sur l’identité française, pourraient voir dans cet épisode une illustration des défis linguistiques et culturels du pays.
Alors que la France se prépare pour les élections de 2027, cette polémique rappelle que chaque mot, chaque geste, peut être utilisé – ou détourné – par les adversaires politiques.