Un discours attendu dans un contexte explosif
Jeudi 15 janvier 2026, Emmanuel Macron s’adresse aux armées depuis la base aérienne d’Istres, un lieu symbolique abritant l’arme nucléaire française. Ce rendez-vous intervient alors que la France fait face à des défis majeurs : tensions transatlantiques exacerbées, crise budgétaire persistante et besoins militaires croissants.
Un budget de la défense en jeu
Le chef de l’État doit annoncer ses orientations pour la défense nationale devant un millier d’invités. Au cœur des discussions : l’augmentation de 3,5 milliards d’euros demandée pour 2026, alors que la loi de programmation militaire (LPM) prévoit déjà 413 milliards d’euros jusqu’en 2030. Un enjeu crucial, alors que la droite et l’extrême droite critiquent régulièrement l’insuffisance des crédits alloués aux armées.
Crise transatlantique et menaces géopolitiques
Les tensions avec les États-Unis, notamment autour du Groenland, dominent l’actualité. Washington a menacé d’utiliser « tous les moyens » pour s’emparer de ce territoire autonome danois, au mépris de l’OTAN. La France a répondu en annonçant sa participation à une mission militaire européenne au Groenland, aux côtés de la Suède et de l’Allemagne. Un signal fort envoyé par Paris, qui rappelle son attachement à l’alliance transatlantique tout en défendant ses intérêts souverains.
La dissuasion nucléaire au cœur des débats
Emmanuel Macron doit prononcer un discours sur la dissuasion nucléaire en février, un sujet clé face aux menaces russes.
« La Russie représente une menace pour la France et l’Europe »,a-t-il rappelé, soulignant l’importance de protéger les alliés européens. La base d’Istres, où sont stationnés les avions ravitailleurs et les Rafale, incarne cette stratégie.
Un service national volontaire en expansion
Le président a fait du service national rémunéré et volontaire l’un de ses chantiers prioritaires. Les armées prévoient d’enrôler 3 000 personnes en 2026, puis 10 000 d’ici 2030, avec un objectif ambitieux de 42 500 volontaires d’ici 2035. Une initiative saluée par la gauche, qui y voit un moyen de renforcer la cohésion nationale.
Un symbole fort : Thomas Pesquet aux commandes
Après son discours, Macron embarquera à bord d’un Airbus A330 MRTT piloté par l’astronaute Thomas Pesquet, désormais colonel de réserve. Une démonstration des capacités technologiques françaises, alors que la France renforce sa position dans la défense européenne.
Un discours sous surveillance politique
Les responsables politiques et militaires scruteront chaque mot du président, notamment sur le budget 2026. La droite, menée par Marine Le Pen, accuse le gouvernement de négliger les forces armées, tandis que Jean-Luc Mélenchon dénonce un « budget militarisé » au détriment des services publics.
Dans ce contexte, le discours d’Istres s’annonce comme un moment clé du quinquennat, entre enjeux géopolitiques et défis budgétaires.