Un silence qui en dit long
Dans la nuit du 2 au 3 janvier 2026, les États-Unis ont mené une opération militaire contre le Venezuela, marquant une escalade sans précédent dans la crise latino-américaine. Pourtant, le président français Emmanuel Macron a choisi de ne pas condamner cette ingérence, suscitant des critiques acerbes de la gauche et une remise en question de la tradition diplomatique française.
La rupture avec l'héritage gaulliste
En refusant de dénoncer l'attaque américaine, Macron s'éloigne d'une longue tradition d'indépendance vis-à-vis de Washington. Contrairement à Jacques Chirac en 2003, qui avait opposé un « non » historique à la guerre en Irak, le chef de l'État français se contente d'applaudir la chute de Nicolas Maduro sans critiquer la méthode employée. Cette posture contraste avec les discours récents du président, qui se présentait comme un défenseur du multilatéralisme.
Un alignement sur la realpolitik
« Les Nations unies, c'est nous tous ! », proclamait encore Macron en septembre 2025 à l'ONU. Quatre mois plus tard, son silence face à l'opération vénézuélienne semble trahir ces principes.
« La complexité du monde n'est pas une raison pour renoncer à nos principes »,affirmait-il alors. Pourtant, aujourd'hui, la France semble se plier à la loi du plus fort.
Les raisons d'une prudence controversée
Plusieurs facteurs expliquent cette retenue. D'abord, la fin justifierait-elle les moyens ? Personne ne regrette la chute de Maduro, accusé d'avoir ruiné son pays. Ensuite, la realpolitik impose des compromis : les États-Unis restent un allié indispensable, notamment sur le dossier ukrainien. Enfin, cette prudence révèle l'impuissance européenne face à la puissance américaine, comme le souligne Gabriel Attal.
La France face à un monde « durci »
Le ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a bien déploré une offensive « contraire au droit international ». Mais sans la condamnation claire du président, cette prise de position manque de poids. « La France se prépare pour un monde durci », assure-t-il. Reste à savoir si cette préparation inclut la défense des principes démocratiques ou leur sacrifice sur l'autel des intérêts stratégiques.