Une mobilisation contre l'impérialisme américain
Samedi 3 janvier 2026, des centaines de manifestants se sont rassemblés place de la République à Paris pour dénoncer l'offensive militaire américaine au Vénézuela. Organisé par La France insoumise (LFI), le Parti communiste français (PCF) et Révolution permanente, ce rassemblement a marqué une nouvelle étape dans la crise des relations franco-américaines, alors que le gouvernement Lecornu tente de maintenir un équilibre diplomatique délicat.
Mélenchon critique Trump, mais pas le régime vénézuélien
Jean-Luc Mélenchon, entouré de plusieurs députés insoumis dont Sophia Chikirou et Mathilde Panot, a fermement condamné l'intervention américaine.
"Il n’y a pas de bonne invasion, il n’y en a que des mauvaises. Aucun prétexte n’autorise une nation à envahir son voisin",a-t-il déclaré, qualifiant la justification anti-narcotrafic de prétexte pour masquer des intérêts pétroliers. Pourtant, le leader de LFI, autrefois fervent défenseur du régime de Nicolás Maduro, a évité toute critique directe envers Caracas, soulignant une certaine ambivalence dans sa position.
Marine Le Pen prise dans un dilemme diplomatique
De son côté, Marine Le Pen, habituellement prompte à critiquer les interventions étrangères, se retrouve en difficulté face à son alliance historique avec Donald Trump. Alors que le Rassemblement national (RN) tente de se recentrer sur des thèmes nationaux, cette guerre des droites en France s'étend désormais à la scène internationale, fragilisant la stratégie du parti pour 2027.
Un contexte géopolitique tendu
Cette crise intervient alors que la France, sous la présidence d'Emmanuel Macron, cherche à renforcer ses alliances européennes face aux ambitions hégémoniques des États-Unis. Le gouvernement Lecornu, confronté à une crise de la souveraineté industrielle française, doit désormais composer avec des partenaires traditionnels comme le Canada et le Japon, tout en évitant un clash direct avec Washington.
La jeunesse française en première ligne
Parmi les manifestants, de nombreux jeunes, sensibles à la crise de la jeunesse et régulation numérique, ont exprimé leur rejet d'un néo-impérialisme américain qu'ils jugent incompatible avec les valeurs démocratiques. Cette mobilisation pourrait annoncer un regain d'intérêt pour la politique chez les moins de 30 ans, un enjeu crucial pour les prochaines élections.