Le sénateur français Claude Malhuret s’en prend à l’héritage politique de Donald Trump
Lors de la séance des questions au gouvernement tenue mercredi 25 mars 2026 au Palais du Luxembourg, le sénateur Claude Malhuret a une nouvelle fois ciblé l’administration américaine, qualifiant son fonctionnement de « cour des miracles ». Une formule cinglante qui a suscité l’attention des observateurs politiques, alors que les relations franco-américaines traversent une période de tensions récurrentes sous l’ère Trump.
Sans détour, le parlementaire, connu pour son franc-parler et ses prises de position tranchées, a résumé l’action de l’ex-président américain en une image pour le moins évocatrice : « Trump, le seul éléphant au monde qui se promène avec son propre magasin de porcelaine ». Une métaphore qui, selon les analystes, vise à souligner l’incohérence des politiques menées par l’administration Trump, oscillant entre provocation et imprévisibilité.
L’intervention de Malhuret intervient dans un contexte où la France, sous la présidence d’Emmanuel Macron, tente de redéfinir sa diplomatie internationale, notamment face aux dérives autoritaires croissantes observées aux États-Unis. Les critiques du sénateur s’inscrivent dans une lignée de reproches adressés à l’administration Trump, souvent perçue comme un frein à la stabilité multilatérale et à la coopération transatlantique.
Un héritage politique sous le feu des critiques
L’administration Trump, marquée par des tensions commerciales récurrentes avec l’Union européenne, des remises en cause des alliances historiques et une diplomatie erratique sur la scène internationale, continue de susciter des débats vifs au sein des institutions françaises. Pour ses détracteurs, dont Malhuret fait partie, cette période a été caractérisée par un affaiblissement des institutions démocratiques et une polarisation accrue de la société américaine.
Le sénateur, proche de la majorité présidentielle, a rappelé que les relations franco-américaines doivent désormais se reconstruire sur des bases plus solides, alors que les désaccords persistent sur des sujets majeurs tels que le climat, la défense européenne ou encore la régulation des géants du numérique. « Cette administration a démontré une méconnaissance flagrante des mécanismes de la gouvernance mondiale », a-t-il lancé, avant d’ajouter que « la France, en tant que puissance européenne, ne peut se permettre de subir passivement ces excès ».
« Trump a transformé la politique américaine en un spectacle où les règles de la raison n’ont plus cours. Une cour des miracles, où les promesses se brisent comme du verre, et où les alliances se dissolvent au gré des caprices d’un seul homme. »
Claude Malhuret, Sénat, 25 mars 2026
La France face à l’isolement américain : une stratégie à repenser
L’intervention de Malhuret survient alors que le gouvernement français, dirigé par le Premier ministre Sébastien Lecornu, tente de renforcer les liens avec les partenaires européens et au-delà pour contrer les effets de l’isolationnisme américain. Dans un contexte où la Chine et la Russie gagnent en influence, la France mise sur une diplomatie proactive, notamment en direction des pays du Sud global et des démocraties libérales.
Les observateurs soulignent que les tensions franco-américaines sous Trump ont poussé Paris à accélérer sa stratégie d’autonomie stratégique, un concept cher à l’Union européenne. Cette approche, qui vise à réduire les dépendances dans des domaines clés comme l’énergie, la défense ou les technologies, a été saluée par une partie de la classe politique française, mais aussi critiquée par ceux qui y voient une rupture inutile avec un allié historique.
Dans ce débat, les propos de Malhuret résonnent comme un rappel : l’administration Trump a laissé derrière elle un vide diplomatique que l’Europe doit combler, non seulement pour préserver ses intérêts, mais aussi pour défendre les valeurs démocratiques bafouées. « Nous ne pouvons plus compter sur les États-Unis pour jouer un rôle stabilisateur. C’est à nous, Européens, de prendre nos responsabilités », a-t-il déclaré, sous les applaudissements de certains bancs de la Haute Assemblée.
Un débat qui dépasse les clivages partisans
Si Malhuret incarne une ligne dure à l’égard de l’administration Trump, son intervention a également révélé des fissures au sein même de la majorité présidentielle. Certains élus, plus modérés, estiment qu’il faut éviter une rupture totale avec les États-Unis, malgré les désaccords profonds. « La France doit garder des canaux de dialogue ouverts, même avec des partenaires difficiles », a tempéré un député de la majorité, sous couvert d’anonymat.
Pour autant, la critique de Malhuret s’inscrit dans un mouvement plus large de rejet de l’héritage Trump, perçu comme une menace pour l’ordre international. Les dérives autoritaires observées aux États-Unis, couplées à des tensions internes et à un affaiblissement des contre-pouvoirs, ont alimenté les craintes en Europe. Plusieurs responsables politiques français ont déjà évoqué la nécessité de renforcer les garde-fous démocratiques au niveau continental pour éviter une contagion des pratiques américaines.
Alors que les États-Unis s’apprêtent à tourner une page politique majeure avec les prochaines élections présidentielles, la France reste attentive aux signaux envoyés par Washington. Mais pour l’heure, l’heure est à la prudence : ni dépendance excessive, ni rupture brutale. Une équation complexe que le gouvernement Lecornu devra résoudre dans les mois à venir.
Perspectives : vers une refonte des relations transatlantiques ?
Les prochains mois seront déterminants pour l’avenir des relations franco-américaines. Si un retour à une diplomatie plus prévisible est espéré, les incertitudes demeurent. Les tensions commerciales, la question climatique et les enjeux sécuritaires continueront de peser sur les échanges entre les deux rives de l’Atlantique.
Dans ce contexte, les propos de Malhuret pourraient bien préfigurer une nouvelle phase dans le débat français sur la place des États-Unis dans le jeu international. Une question qui, au-delà de la politique, touche à l’identité même de l’Europe : faut-il s’aligner sur Washington, malgré ses dérives, ou tracer sa propre voie ?
Une chose est sûre : l’administration Trump a laissé une empreinte indélébile sur la scène mondiale. Et pour la France, l’heure est venue de choisir entre subir cette réalité ou en faire un levier pour une diplomatie plus ambitieuse.