Un procès en appel sous haute tension
Mardi 13 janvier 2026, la cour d'appel de Paris a ouvert les débats dans l'affaire des assistants parlementaires du Rassemblement national. Marine Le Pen, condamnée en première instance pour détournement de fonds publics, a fait profil bas, rompant avec ses habitudes de communication offensive.
Une stratégie de défense en mutation
L'ancienne candidate à la présidentielle a marqué un tournant dans sa ligne de défense. « Si un délit a été commis, nous n'avions aucun sentiment d'en avoir commis un », a-t-elle déclaré, reconnaissant implicitement l'existence d'une infraction tout en niant l'intention frauduleuse. Une posture qui contraste avec son attitude lors du premier procès, où elle affichait une « sérénité » assumée.
Le RN, jugé en tant que personne morale, voit son avenir politique menacé. La peine initiale – quatre ans de prison, dont deux ferme, 100 000 euros d'amende et cinq ans d'inéligibilité – avait déjà ébranlé les ambitions présidentielles de Le Pen pour 2027. Ce procès en appel pourrait sceller son sort.
Le Parlement européen, cible des critiques
Marine Le Pen a une nouvelle fois pointé du doigt le Parlement européen, partie civile dans ce dossier.
« Il n'a pas joué son rôle d'alerte tel qu'il aurait dû le jouer », a-t-elle affirmé, avant d'être contredite par l'avocat de l'institution, Patrick Maisonneuve, qui a rappelé l'existence de contrôles.
Les dix coaccusés, dont Louis Aliot et Bruno Gollnisch, ont écouté en silence la lecture des faits reprochés. Une absence notable : Jeanne Pavard, ex-assistante parlementaire, s'est finalement désistée de son appel.
Un procès qui dépasse le cadre judiciaire
Au-delà des enjeux légaux, ce procès s'inscrit dans un contexte politique explosif. Le Rassemblement national, en pleine « guerre des droites », voit son leadership contesté par des figures comme Jordan Bardella. La condamnation définitive de Le Pen pourrait accélérer une succession déjà évoquée dans les rangs du parti.
Du côté du gouvernement Lecornu II, on observe avec attention. Emmanuel Macron, confronté à une « crise des vocations politiques », pourrait tirer profit d'un affaiblissement du RN, même si la droite traditionnelle reste fragilisée.
Une audience sans déclarations
Contrairement à son premier procès, Marine Le Pen a refusé tout contact avec la presse. Vêtue d'un long manteau beige, le visage fermé, elle a quitté le palais de justice sans un mot. Une attitude qui traduit une « stratégie de silence », destinée à concentrer les débats sur le seul terrain judiciaire.
Les prochaines audiences détermineront si la présidente du RN pourra se représenter en 2027. En attendant, le parti d'extrême droite joue son avenir devant les tribunaux.