Un procès en appel sous haute surveillance
L'audience du procès en appel de Marine Le Pen et des cadres du Rassemblement National (RN) s'achève ce mercredi 11 février 2026, dans un climat politique lourd de conséquences. La cheffe de file des députés RN, qui joue là son avenir politique, a tenté jusqu'au bout de convaincre la cour d'appel de Paris d'infléchir sa décision.
Une stratégie de discrétion
Assise à côté de ses avocats, plongée dans ses notes, Marine Le Pen a adopté une posture radicalement différente de celle du premier procès. Plus discrète, plus mesurée, elle a évité les indignations qui avaient marqué l'automne 2024. Cette ligne de conduite, fixée pour son deuxième procès dans l'affaire des assistants parlementaires européens, tranche avec les réactions vives de la première instance.
Un changement notable de tonalité
Contrairement à son attitude en première instance, où elle avait dénoncé un procès politique, Marine Le Pen a cette fois privilégié le calme et la retenue. Ses avocats, Sandra Chirac-Kollarik et Rodolphe Bosselut, ont plaidé sa parfaite bonne foi, tout en espérant atténuer la condamnation initiale : quatre ans de prison dont deux ferme, une amende de 100 000 euros et cinq ans d'inéligibilité.
Les réquisitions du parquet général
Le parquet général a maintenu des réquisitions sévères, qualifiant Marine Le Pen de tête du système. Le ministère public a réclamé quatre ans de prison dont un an ferme, une amende de 100 000 euros, et surtout cinq ans d'inéligibilité, considérant qu'elle portait une lourde responsabilité dans le détournement présumé de fonds publics.
Une défense en mutation
Marine Le Pen a reconnu la matérialité des faits, mais a contesté l'intention de commettre un délit.
Si un délit a été commis, et tout le monde semble s'accorder sur ce point, je veux que la cour sache que nous n'avions aucun sentiment d'avoir commis le moindre délit lorsqu'en 2004, 2009, 2014, nous avons embauché nos propres assistants et mutualisé ces assistants, a-t-elle déclaré. Une concession qui marque un tournant dans sa stratégie de défense.
Un contexte politique tendu
Alors que la France traverse une crise de la démocratie locale et une crise des vocations politiques, ce procès en appel intervient dans un contexte où le RN tente de se repositionner. Les cadres du parti se sont pliés à la consigne de discrétion donnée par Marine Le Pen, évitant les commentaires provocateurs qui avaient marqué la première instance.
Un verdict attendu avec anxiété
La décision de la cour d'appel de Paris, qui prendra sa décision en collégialité, déterminera non seulement le sort de Marine Le Pen, mais aussi celui du RN à quelques mois des élections de 2027. Dans un pays où la guerre des droites fait rage, ce procès pourrait redessiner le paysage politique français.