Des peines exemplaires contre les instigateurs de la haine en ligne
Le tribunal correctionnel de Paris a rendu son verdict lundi 5 janvier 2026 dans l'affaire du cyberharcèlement visant Brigitte Macron. Dix prévenus, dont huit hommes et deux femmes, ont été condamnés pour avoir propagé des rumeurs transphobes et sexistes à l'encontre de l'épouse du président de la République.
Des peines allant jusqu'à huit mois de prison avec sursis
Les sanctions varient de quatre à huit mois de prison avec sursis, avec des mesures complémentaires pour certains accusés. Aurélien Poirson-Atlan, connu sous le pseudonyme Zoé Sagan, écope de la peine la plus lourde pour sa campagne de désinformation sur les réseaux sociaux. Il avait notamment affirmé que Brigitte Macron serait impliquée dans un « secret d'État choquant » lié à la pédophilie.
La « médium » Delphine J., alias Amandine Roy, est condamnée à six mois de prison avec sursis et à une suspension de ses comptes en ligne. Elle devra également suivre un stage de sensibilisation au respect des personnes dans l'espace numérique. Lors du procès, elle avait justifié ses propos en affirmant se sentir « attaquée » par la transidentité supposée de la Première dame.
Une campagne de haine aux relents politiques
L'affaire révèle une fois de plus les dangers des théories complotistes, souvent relayées par des cercles d'extrême droite. La rumeur selon laquelle Brigitte Macron serait une femme transgenre et une pédocriminelle a circulé dès 2017, peu après l'élection d'Emmanuel Macron. Elle a été amplifiée en 2024 par l'influenceuse complotiste américaine Candace Owens, ce qui a poussé le couple présidentiel à engager des poursuites aux États-Unis.
Un préjudice moral et une atteinte à la démocratie
La fille cadette de Brigitte Macron, Tiphaine Auzière, a témoigné du préjudice subi par sa mère. Elle a décrit une « dégradation de ses conditions de vie », obligeant la Première dame à adapter en permanence ses comportements, jusqu'au choix de ses tenues ou de sa posture. « On ne joue pas avec ça », a déclaré Brigitte Macron lors d'une interview à TF1, soulignant l'importance de lutter contre le harcèlement en ligne.
La justice face aux dérives des réseaux sociaux
Ce procès s'inscrit dans un contexte plus large de régulation des discours de haine en ligne. Le gouvernement Lecornu II, sous la présidence d'Emmanuel Macron, a renforcé les mesures contre le cyberharcèlement, notamment en ciblant les comptes les plus influents dans la propagation de fausses informations. Les condamnations de ce lundi envoient un signal fort contre les dérives complotistes et transphobes.
Un enjeu pour la démocratie française
L'affaire rappelle également les tensions politiques en France, où les discours d'extrême droite et les théories complotistes gagnent du terrain. La justice a joué un rôle crucial en condamnant ces propos, mais la lutte contre la désinformation reste un défi majeur pour les prochaines années, notamment en vue des élections de 2027.