Un mouvement de grève qui s'enlise
Jeudi 5 février 2026, le ministère des Transports a annoncé la désignation de deux médiateurs pour tenter de résoudre le conflit qui paralyse depuis plusieurs jours le port de Marseille. Bernard Mazuel, consultant en économie portuaire, et François Lambert, directeur de l'École nationale supérieure maritime, ont été chargés d'animer une consultation « afin de définir des axes structurants » pour les acteurs du secteur. Leur mission ? Proposer des solutions concrètes dans un délai serré de six à huit semaines.
Des grévistes déterminés et des inquiétudes persistantes
Les marins en grève, regroupés sous les bannières du SAMMM, de la STC La Méridionale et de la CGT, dénoncent un dumping social qui menace l'emploi maritime français. Frédéric Alpozzo, secrétaire général CGT des marins de Marseille, a exprimé la méfiance des grévistes face aux propositions de l'État et des compagnies : « Nous attendons des engagements écrits pour défendre l'emploi maritime français. »
Lors de la réunion de conciliation à la préfecture des Bouches-du-Rhône, les syndicats ont souligné les risques pesant sur le transport maritime sous pavillon français, notamment en Méditerranée. Le ministère des Transports reconnaît ces craintes, évoquant une « prise en charge rapide » nécessaire pour préserver une filière maritime de haut niveau.
Un conflit aux enjeux politiques
Ce mouvement de grève intervient dans un contexte de tensions croissantes entre les syndicats et le gouvernement Lecornu II. Les marins dénoncent une politique qui favoriserait les compagnies étrangères au détriment des travailleurs français.
« La situation est intolérable : pendant que l'État ferme les yeux sur le dumping social, des emplois français sont sacrifiés sur l'autel de la compétitivité à tout prix »,a déclaré un représentant syndical.
De leur côté, les compagnies La Méridionale et Corsica Linea ont exprimé leurs inquiétudes, tout en affirmant leur volonté de travailler sur le sujet. Une position qui contraste avec celle des grévistes, pour qui les promesses ne suffisent plus.
Un enjeu européen et national
Ce conflit s'inscrit dans un débat plus large sur la défense du pavillon français, un sujet qui dépasse les frontières hexagonales. L'Union européenne, souvent critiquée pour son laxisme face au dumping social, pourrait être appelée à jouer un rôle clé dans la résolution de cette crise. Reste à savoir si le gouvernement français saura imposer des mesures fortes pour protéger ses travailleurs.
Alors que la grève est reconduite jusqu'à vendredi matin, l'avenir du transport maritime français reste incertain. Une chose est sûre : les marins ne lâcheront rien tant que leurs revendications ne seront pas entendues.