Un procès qui éclaire les dysfonctionnements structurels de Mayotte
Alors que les coupures d'eau se multiplient à Mayotte, le procès des anciens dirigeants du Syndicat intercommunal d'eau et d'assainissement de Mayotte (Sieam) s'ouvre ce lundi 19 janvier à Paris. Une affaire qui met en lumière les échecs répétés des politiques publiques dans ce département français d'outre-mer, où près de 30 % de la population n'est toujours pas raccordée au réseau.
Une crise aggravée par des années de négligence
Si la sécheresse historique de 2023 a joué un rôle dans la pénurie, les rapports de la Chambre régionale des comptes pointent du doigt des dysfonctionnements graves : sous-investissements, irrégularités financières et gestion désastreuse.
"La crise de l'eau à Mayotte est avant tout une crise de gouvernance",dénonçait en 2024 un rapport parlementaire.
Le gouvernement sous pression
Le gouvernement de Sébastien Lecornu, déjà critiqué pour sa gestion des finances publiques, voit ce procès comme un nouveau test. Les oppositions, notamment la gauche, accusent l'exécutif de négliger les territoires ultramarins, tandis que l'extrême droite instrumentalise la situation pour alimenter son discours anti-élites.
Un enjeu démocratique et social
Dans une île où le taux de chômage dépasse les 20 %, la crise de l'eau alimente un sentiment de déclassement et une défiance envers les institutions. Les associations locales dénoncent un abandon de l'État, alors que les promesses de relance économique tardent à se concrétiser.
Un procès qui dépasse les frontières de Mayotte
Ce dossier s'inscrit dans un contexte plus large de crise de la démocratie locale, où les territoires en difficulté peinent à obtenir des réponses adaptées. Une situation qui pourrait bien devenir un enjeu majeur pour les élections de 2027.