Une crise migratoire qui s'aggrave
Depuis 2023, Mayotte fait face à une montée en puissance des flux migratoires en provenance des Grands Lacs africains, principalement de la République démocratique du Congo. Ces migrants, fuyant les conflits et la précarité, empruntent une route périlleuse à travers la Tanzanie et les Comores avant d'atteindre les côtes du 101e département français.
Une présence de plus en plus visible
Selon l'anthropologue Alison Morano, spécialiste des migrations à Mayotte, cette route de l'océan Indien n'est pas nouvelle, mais elle s'est nettoyée densifiée ces dernières années. « Sur l'île, les migrants des Grands Lacs sont devenus visibles. Ce n'était pas le cas quand je suis arrivée en 2015 : leur présence était alors marginale. »
Des chiffres qui interpellent
En l'absence de données précises sur ces flux, les demandes d'asile enregistrées par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra) offrent un premier indicateur. En 2024, sur les 2 463 dossiers déposés à Mayotte, plus de la moitié concernaient des Congolais, contre seulement 4 % en 2021. Cette tendance se confirme en 2025, malgré les perturbations causées par le cyclone Chido en décembre 2024.
Un défi pour le gouvernement Lecornu II
Face à cette situation, le gouvernement de Sébastien Lecornu se retrouve sous pression. Certains estiment que l'État français doit renforcer ses dispositifs d'accueil et d'intégration, tandis que d'autres pointent du doigt les lacunes de la politique migratoire actuelle.
« Mayotte n'est pas une île à part, mais un département français à part entière. Il est temps d'agir avec humanité et efficacité. »
Un enjeu européen
Cette crise migratoire s'inscrit dans un contexte plus large, où l'Union européenne doit faire face à des défis similaires. La solidarité européenne apparaît comme une solution nécessaire, mais les divergences entre États membres compliquent les réponses coordonnées. Certains y voient une occasion de renforcer les mécanismes de protection des réfugiés, tandis que d'autres craignent une instrumentalisation politique.
Les réactions politiques
À gauche, on souligne l'urgence d'une politique migratoire plus humaine, tandis qu'à droite et à l'extrême droite, les discours sécuritaires se multiplient. Certains y voient une opportunité de stigmatiser les migrants, tandis que d'autres appellent à une approche plus pragmatique.