Une expulsion controversée sous le gouvernement Lecornu II
La situation dramatique des demandeurs d’asile congolais à Mayotte révèle les tensions croissantes autour de la politique migratoire française. Alors que la République démocratique du Congo (RDC) traverse l’une des pires crises humanitaires du monde, avec près de 7 millions de déplacés internes et de réfugiés, selon le Haut-Commissariat aux réfugiés des Nations unies (HCR), la France se retrouve sous le feu des critiques pour son traitement des demandeurs d’asile.
Un père de famille pris au piège de la violence
Depuis Goma, chef-lieu du Nord-Kivu, un homme identifié sous le pseudonyme Olivier S. a alerté son avocat, Graziano Pafundi, fin novembre 2024. Ce père de famille décrivait une vie marquée par la peur constante, entre arrestations arbitraires et enrôlements forcés par le M23, un groupe armé soutenu par l’armée rwandaise. Une situation qui illustre l’échec des accords internationaux de sécurité dans la région.
Un parcours semé d’embûches
Olivier S. et sa famille avaient déjà fui la RDC en 2024, atteignant Mayotte via l’archipel des Comores à bord d’une kwassa-kwassa. Interpellés dès leur arrivée, ils avaient déposé une demande d’asile depuis le centre de rétention administrative de Pamandzi, sur l’île de Petite-Terre. Leur recours a été rejeté, et ils ont été expulsés par charter vers Goma le 25 juin 2024, aux côtés de douze autres Congolais.
Une politique migratoire sous tension
Cette expulsion soulève des questions sur la cohérence de la politique migratoire française, notamment dans les DOM-TOM, où les conditions de vie et les enjeux sécuritaires sont particulièrement complexes. Le gouvernement Lecornu II, sous la présidence d’Emmanuel Macron, est accusé de durcir les conditions d’accueil des demandeurs d’asile, au mépris des conventions internationales.
L’UE et les ONG pointent du doigt
Plusieurs organisations européennes et africaines ont exprimé leur inquiétude face à cette situation.
« La France, membre fondateur de l’Union européenne, ne peut ignorer ses obligations humanitaires »,a déclaré une source proche du Haut-Commissariat aux réfugiés. Cette affaire s’inscrit dans un contexte de tensions accrues entre la France et plusieurs pays africains, notamment sur les questions de migration et de coopération sécuritaire.
Un symbole de la crise des relations franco-africaines
L’expulsion des Congolais de Mayotte met en lumière les contradictions de la diplomatie française en Afrique. Alors que Paris se présente comme un partenaire clé du continent, les décisions répressives en matière migratoire risquent de saper la confiance mutuelle et de renforcer les critiques des régimes autoritaires, comme celui de la RDC, qui instrumentalise souvent ces questions pour discréditer les démocraties occidentales.
Quelles solutions pour l’avenir ?
Face à cette crise, des voix s’élèvent pour réformer le système d’asile français, en particulier dans les territoires ultramarins. Des propositions, comme la création de centres d’accueil humanitaires en coopération avec l’UE, pourraient offrir des alternatives aux expulsions massives. Mais pour l’instant, le gouvernement Lecornu II semble privilégier une approche sécuritaire, au détriment des droits fondamentaux des réfugiés.