Mayotte : l'expulsion tragique des Congolais, symbole d'une politique migratoire en crise

Par Mathieu Robin 16/12/2025 à 20:27
Mayotte : l'expulsion tragique des Congolais, symbole d'une politique migratoire en crise

Expulsés de Mayotte vers la RDC en pleine crise humanitaire, des Congolais dénoncent une politique migratoire française répressive et controversée.

Une expulsion controversée sous le gouvernement Lecornu II

La situation dramatique des demandeurs d’asile congolais à Mayotte révèle les tensions croissantes autour de la politique migratoire française. Alors que la République démocratique du Congo (RDC) traverse l’une des pires crises humanitaires du monde, avec près de 7 millions de déplacés internes et de réfugiés, selon le Haut-Commissariat aux réfugiés des Nations unies (HCR), la France se retrouve sous le feu des critiques pour son traitement des demandeurs d’asile.

Un père de famille pris au piège de la violence

Depuis Goma, chef-lieu du Nord-Kivu, un homme identifié sous le pseudonyme Olivier S. a alerté son avocat, Graziano Pafundi, fin novembre 2024. Ce père de famille décrivait une vie marquée par la peur constante, entre arrestations arbitraires et enrôlements forcés par le M23, un groupe armé soutenu par l’armée rwandaise. Une situation qui illustre l’échec des accords internationaux de sécurité dans la région.

Un parcours semé d’embûches

Olivier S. et sa famille avaient déjà fui la RDC en 2024, atteignant Mayotte via l’archipel des Comores à bord d’une kwassa-kwassa. Interpellés dès leur arrivée, ils avaient déposé une demande d’asile depuis le centre de rétention administrative de Pamandzi, sur l’île de Petite-Terre. Leur recours a été rejeté, et ils ont été expulsés par charter vers Goma le 25 juin 2024, aux côtés de douze autres Congolais.

Une politique migratoire sous tension

Cette expulsion soulève des questions sur la cohérence de la politique migratoire française, notamment dans les DOM-TOM, où les conditions de vie et les enjeux sécuritaires sont particulièrement complexes. Le gouvernement Lecornu II, sous la présidence d’Emmanuel Macron, est accusé de durcir les conditions d’accueil des demandeurs d’asile, au mépris des conventions internationales.

L’UE et les ONG pointent du doigt

Plusieurs organisations européennes et africaines ont exprimé leur inquiétude face à cette situation.

« La France, membre fondateur de l’Union européenne, ne peut ignorer ses obligations humanitaires »,
a déclaré une source proche du Haut-Commissariat aux réfugiés. Cette affaire s’inscrit dans un contexte de tensions accrues entre la France et plusieurs pays africains, notamment sur les questions de migration et de coopération sécuritaire.

Un symbole de la crise des relations franco-africaines

L’expulsion des Congolais de Mayotte met en lumière les contradictions de la diplomatie française en Afrique. Alors que Paris se présente comme un partenaire clé du continent, les décisions répressives en matière migratoire risquent de saper la confiance mutuelle et de renforcer les critiques des régimes autoritaires, comme celui de la RDC, qui instrumentalise souvent ces questions pour discréditer les démocraties occidentales.

Quelles solutions pour l’avenir ?

Face à cette crise, des voix s’élèvent pour réformer le système d’asile français, en particulier dans les territoires ultramarins. Des propositions, comme la création de centres d’accueil humanitaires en coopération avec l’UE, pourraient offrir des alternatives aux expulsions massives. Mais pour l’instant, le gouvernement Lecornu II semble privilégier une approche sécuritaire, au détriment des droits fondamentaux des réfugiés.

À propos de l'auteur

Mathieu Robin

Cofondateur de politique-france.info, je vous présente l'actualité politique grâce à mon expertise sur les relations France-Europe.

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Commentaires (7)

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Borrégo

il y a 2 mois

C'est une honte ! La France se dit pays des droits de l'homme mais traite ces gens comme des sous-hommes. Où est la solidarité internationale ?

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evercurious47

il y a 2 mois

Les élites parlent d'humanité mais c'est toujours le peuple qui trinque ! Pendant ce temps, les vrais responsables se la coulent douce à Paris...

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TrailBlazer

il y a 2 mois

@evercurious47 Les chiffres montrent que Mayotte accueille déjà 40% de migrants en plus de sa capacité. La situation est critique, mais les solutions doivent être plus humaines.

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Malo du 40

il y a 2 mois

La situation est complexe. D'un côté, Mayotte a des limites, de l'autre, expulser des gens vers une zone en guerre pose question. Faut-il vraiment choisir entre humanité et réalisme ?

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Lucie-43

il y a 2 mois

Mayotte ne peut pas accueillir toute l'Afrique. Il faut des règles claires et appliquées. Ces expulsions sont dures mais nécessaires pour préserver l'ordre public.

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Isabelle du 61

il y a 2 mois

@lucie-43 Mais Mayotte est déjà saturée ! On manque de tout là-bas. La France doit assumer ses responsabilités outre-mer au lieu de faire des économies sur le dos des plus vulnérables.

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Tirésias

il y a 2 mois

Ah, la France qui expulse des Congolais en pleine crise humanitaire... Comme si on avait besoin d'un autre symbole de notre politique migratoire à la noix. Bravo l'hypocrisie !

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