Un choix médiatique controversé
Lors d'une conférence de presse réservée aux « médias numériques alternatifs », Jean-Luc Mélenchon a une nouvelle fois suscité la polémique. Le leader de La France insoumise (LFI) a critiqué avec virulence le traitement médiatique de la mort du militant d'extrême droite Quentin Deranque, tout en excluant plusieurs grands médias traditionnels de son événement.
Parmi les médias écartés figurent Le Monde, l'Agence France-Presse (AFP), TF1, Libération et L'Express. Une décision assumée par Mélenchon :
« Nous invitons qui nous voulons »,a-t-il déclaré, défendant son droit à sélectionner ses interlocuteurs.
RSF s'alarme d'une « atteinte au droit à l'information »
Reporters sans frontières (RSF) a vivement réagi, estimant que cette pratique porte atteinte au pluralisme médiatique. « Permettre à un responsable politique de choisir les journalistes autorisés à couvrir un événement d'intérêt général, c'est directement porter atteinte au droit à l'information des citoyens », a souligné Thibaut Bruttin, directeur général de RSF.
L'ONG rappelle que « quels que soient les griefs contre tel ou tel média », l'honnêteté, l'indépendance et le pluralisme du journalisme doivent primer. RSF appelle ainsi les forces politiques à respecter le travail des journalistes et à garantir un accès libre et pluraliste à l'information.
LFI assume sa stratégie médiatique
Du côté de La France insoumise, on assume pleinement cette démarche. Lors du point presse hebdomadaire du groupe LFI, le député Louis Boyard a accusé les médias traditionnels d'« exclure le peuple français ».
« Nous, on organise des espaces qui nous permettent de parler à ces nouveaux médias qui incarnent le peuple »,a-t-il déclaré, annonçant que ce format serait pérennisé jusqu'à la présidentielle.
Boyard a également évoqué l'inclusion future des « nouveaux médias de droite », à l'exception de l'extrême droite, pour renforcer la crédibilité de ces conférences.
« On n'attend pas que les gens posent uniquement des questions qui font plaisir »,a-t-il ajouté, défendant une approche ouverte au débat.
Un contexte politique tendu
Cette polémique intervient dans un contexte déjà chargé pour LFI, après l'arrestation et la mise en examen pour « complicité de meurtre » de Jacques-Elie Favrot, ancien collaborateur du député Raphaël Arnault. La mort de Quentin Deranque, militant d'extrême droite, avait déjà suscité des tensions, avec des accusations mutuelles entre LFI et ses détracteurs.
Alors que la campagne présidentielle approche, cette stratégie médiatique pourrait bien devenir un enjeu majeur, opposant les défenseurs du pluralisme aux partisans d'une « démocratisation de l'information » via des canaux alternatifs.