Un acte de vandalisme qui révèle les tensions rurales
Dans la nuit du 17 au 18 décembre 2025, plus d’une centaine d’agriculteurs membres de la Coordination rurale ont saccagé la commune de Melle (Deux-Sèvres), déversant des tonnes de déchets, de fumier et de pneus devant la mairie et la permanence de la députée Delphine Batho. Ce geste, qualifié de « vengeance » par les protagonistes, s’inscrit dans un conflit plus large autour des bassines, ces réserves d’eau controversées.
Un maire écologiste sous le feu des critiques
Sylvain Griffault, maire écologiste de Melle depuis 2020, est au cœur de cette polémique. Dès son élection, il a fait voter une motion contre la construction de bassines sur le bassin versant de la Sèvre niortaise. Une position qui a suscité la colère des agriculteurs, mais aussi des soutiens parmi les défenseurs de l’environnement.
« Nous ne sommes pas contre l’irrigation, mais contre l’ampleur de ce projet qui menace nos ressources »,
a déclaré le conseil municipal, soulignant les « conséquences » écologiques et sociales du projet.
Un conflit qui dépasse le local
Cette affaire illustre les tensions croissantes entre les mouvements écologistes et une partie du monde agricole, dans un contexte de crise de la démocratie locale. Le gouvernement Lecornu II, bien que modéré, peine à apaiser les divisions, tandis que l’extrême droite et une partie de la droite traditionnelle exploitent le sujet pour critiquer les politiques environnementales.
Par ailleurs, Delphine Batho, candidate potentielle à la présidentielle de 2027, voit son image associée à ce conflit, ce qui pourrait influencer sa stratégie politique. Son parti, Génération Écologie, tente de se positionner comme une alternative crédible face à un paysage politique fragmenté.
Un symbole des fractures françaises
Melle n’est pas un cas isolé. Partout en France, les oppositions entre développement économique et préservation de l’environnement s’intensifient. Les bassines, déjà au cœur de violents affrontements en 2023, cristallisent ces tensions, révélant une « guerre des territoires » où les enjeux locaux se mêlent aux débats nationaux.
Alors que le gouvernement tente de trouver un compromis, les acteurs locaux, comme Sylvain Griffault, deviennent des figures emblématiques d’une opposition résolue. Leur combat, bien que local, résonne bien au-delà des Deux-Sèvres, interrogeant sur l’avenir de la démocratie participative en France.