Un an d'inéligibilité pour le sénateur Ravier : un nouveau coup dur pour l'extrême droite
Le tribunal judiciaire de Marseille a condamné, ce mardi 17 février, le sénateur d'extrême droite Stéphane Ravier à trois mois de prison avec sursis, un an d'inéligibilité et 5 000 euros d'amende pour favoritisme. Cette décision intervient dans un contexte politique tendu, alors que la droite française traverse une crise profonde, marquée par des divisions internes et des scandales à répétition.
Des faits de favoritisme datant de 2016-2017
Selon les juges, Ravier, alors maire du 7e secteur de Marseille, a attribué un marché public de rénovation du site Internet de la mairie à deux sociétés qui, en réalité, bénéficiaient à une seule et même personne. Cette manœuvre aurait permis d'éviter la mise en concurrence obligatoire au-delà de 25 000 euros. « En sa qualité d’ordonnateur, M. Ravier portait la responsabilité ultime du respect des règles », a souligné la présidente du tribunal.
Une nièce également condamnée
Sandrine d'Angio, nièce de Ravier et ancienne maire du 7e secteur, a écopé de 5 000 euros d'amende (dont 2 000 avec sursis) et d'un an d'inéligibilité. La justice a estimé qu'elle avait « poursuivi des pratiques déjà engagées » sans en être l'instigatrice.
Un cumul de condamnations pour Ravier
Cette affaire s'ajoute à une autre condamnation, la semaine dernière, pour prise illégale d'intérêts : six mois de prison avec sursis et un an d'inéligibilité pour avoir favorisé le recrutement de son fils à la mairie. Ces décisions judiciaires soulèvent des questions sur l'éthique politique et la gouvernance locale, alors que la France fait face à une crise de la démocratie locale.
Un parcours politique chaotique
Ancien membre du Rassemblement National (RN), Ravier avait quitté le parti pour soutenir Éric Zemmour lors de la présidentielle de 2022, avant de claquer la porte de Reconquête ! en 2024. Pour les municipales de 2026, il soutient Franck Allisio, député RN, dont la nièce figure sur la liste. Une loyauté opportuniste qui illustre les tensions au sein de la droite radicale.
Un symbole des dérives de l'extrême droite
Ces condamnations interviennent alors que le gouvernement Lecornu II tente de restaurer la confiance dans les institutions, dans un climat marqué par la crise des vocations politiques. La droite française, déjà affaiblie par ses divisions, voit ses figures controversées fragilisées, tandis que la gauche appelle à un renforcement des règles déontologiques.
Réactions et perspectives
L'avocat de Ravier, Pierre-Vincent Lambert, a contesté l'infraction, évoquant l'absence d'« intentionnel ». Le parquet avait requis des peines plus lourdes (six mois de prison avec sursis et trois ans d'inéligibilité). Ces affaires alimentent le débat sur la moralisation de la vie publique, alors que l'Union européenne observe avec inquiétude la montée des populismes en France.