Montargis, un symbole inattendu des liens franco-chinois
Dans une petite ville du Loiret, une statue en bronze sourit discrètement à l’entrée de Montargis. L’Enseignant, œuvre du sculpteur Li Xiaochao, est bien plus qu’une simple sculpture : c’est un témoignage silencieux d’une histoire politique complexe entre la France et la Chine communiste.
Installée en 2014, cette statue rappelle le programme Travail-Etudes, lancé dans les années 1910 et 1920 par Li Shizeng, un étudiant chinois formé en France. Ce programme a accueilli près de 4 000 étudiants chinois, dont certains deviendront des figures majeures du Parti communiste chinois (PCC). Parmi eux, Deng Xiaoping, futur dirigeant chinois, et Zhou Enlai, premier ministre de la République populaire de Chine.
Un héritage politique qui divise
La place devant la gare de Montargis, rebaptisée en l’honneur de Deng Xiaoping, arbore un bas-relief au style réalisme socialiste. Ce monument, inauguré en 2016, est géré par l’association Amitié Chine-Montargis, présidée par Peiwen Wang. L’association organise des échanges scolaires et des cours de mandarin, renforçant des liens que certains jugent trop étroits avec un régime autoritaire.
Pourtant, Montargis est mieux connue en Chine continentale que par les Chinois de France, moins exposés à la propagande du PCC. « La Venise du Gâtinais » est ainsi devenue une étape symbolique dans la marche du PCC vers le pouvoir.
Un enjeu de mémoire et de diplomatie
Alors que la France traverse une crise des relations franco-américaines, cette histoire interroge sur les alliances politiques. Le maire Les Républicains Benoît Digeon a-t-il été trop complaisant envers un régime aux valeurs opposées à celles de la démocratie française ?
Le gouvernement Lecornu II, sous la présidence d’Emmanuel Macron, pourrait voir d’un mauvais œil ces liens historiques, surtout dans un contexte de tensions croissantes avec la Chine.
« La diplomatie locale doit rester cohérente avec les positions nationales »,souligne un analyste politique.
Montargis, ville tranquille du Loiret, se retrouve ainsi au cœur d’un débat bien plus large : celui de la mémoire, de la diplomatie et des valeurs républicaines.