Venezuela : Delcy Rodriguez, la nouvelle marionnette de Washington ?

Par Mathieu Robin 04/02/2026 à 10:27
Venezuela : Delcy Rodriguez, la nouvelle marionnette de Washington ?

Delcy Rodriguez, nouvelle dirigeante du Venezuela, ouvre le pays aux multinationales américaines tout en maintenant le système chaviste. Une transition sous influence ?

Un mois après l'arrestation de Maduro, le Venezuela sous influence américaine

Un mois après l'intervention militaire américaine qui a conduit à l'arrestation de Nicolás Maduro, le Venezuela semble pris dans un étrange entre-deux. Officiellement, c'est Delcy Rodriguez, vice-présidente et désormais chef de l'État, qui incarne la continuité du régime chaviste. Pourtant, les décisions prises depuis son arrivée au pouvoir trahissent une soumission croissante aux intérêts de Washington.

Une ouverture économique au service des multinationales

Le 30 janvier, l'Assemblée nationale vénézuélienne, désormais contrôlée par les proches de Rodriguez, a adopté une loi ouvrant largement le secteur pétrolier aux investissements privés. Une rupture totale avec le modèle chaviste, qui avait fait de la nationalisation des hydrocarbures un pilier de sa politique. Cette décision, saluée par Donald Trump, illustre la priorité donnée aux intérêts économiques américains sur les principes de souveraineté nationale.

Des gestes symboliques pour masquer la réalité

Pour donner l'illusion d'un changement, Delcy Rodriguez a annoncé une loi d'amnistie et la fermeture de l'Hélicoïde, ce centre de détention emblématique de la répression. Si ces mesures sont bienvenues, elles ne doivent pas occulter la réalité : le régime reste en place, et les opposants continuent d'être muselés. Maria Corina Machado, prix Nobel de la paix, a d'ailleurs été marginalisée du processus politique.

Un jeu d'équilibriste au service de Washington

Delcy Rodriguez joue habilement sur les deux tableaux : dénonçant officiellement l'ingérence américaine tout en appliquant scrupuleusement les directives venues de Washington.

"Formidable", a déclaré Donald Trump, saluant cette collaboration.
Cette soumission, qui contraste avec les discours révolutionnaires du passé, pose la question de l'avenir démocratique du Venezuela.

La France observe avec inquiétude

À Paris, le gouvernement français suit avec attention cette évolution. Emmanuel Macron et Sébastien Lecornu ont exprimé leur préoccupation face à cette normalisation autoritaire, tout en appelant à une transition démocratique. La France, engagée dans une politique de soutien aux démocraties en Amérique latine, pourrait durcir son ton si la situation ne s'améliore pas.

À propos de l'auteur

Mathieu Robin

Cofondateur de politique-france.info, je vous présente l'actualité politique grâce à mon expertise sur les relations France-Europe.

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Commentaires (5)

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Lacannerie

il y a 2 semaines

Encore une fois, on nous vend une 'transition' alors que c'est juste un changement de main sur le même système. Bon, au moins, les gens auront du pétrole moins cher... Enfin, si y'en a encore.

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Robert T.

il y a 2 semaines

Comparons avec l'Ukraine : là-bas, c'est l'UE qui impose ses conditions. Au Venezuela, c'est les USA. La différence ? Aucune. Les peuples paient toujours l'addition. Bref, la realpolitik, ça n'a pas de frontières.

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Maïwenn Caen

il y a 2 semaines

Franchement, c'est un peu rapide de dire qu'elle est une marionnette. Elle a peut-être juste compris qu'il fallait négocier pour sauver le pays. @max95, t'en penses quoi ?

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Max95

il y a 2 semaines

@maiwenn-caen Ouais mais genre, elle ouvre le pays aux multinationales US tout en gardant le système chaviste... C'est un peu le pire des mondes, non ?

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Mittelbergheim

il y a 2 semaines

Washington a enfin trouvé sa nouvelle marionnette en Amérique latine. La boucle est bouclée.

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