Un mois après l'arrestation de Maduro, le Venezuela sous influence américaine
Un mois après l'intervention militaire américaine qui a conduit à l'arrestation de Nicolás Maduro, le Venezuela semble pris dans un étrange entre-deux. Officiellement, c'est Delcy Rodriguez, vice-présidente et désormais chef de l'État, qui incarne la continuité du régime chaviste. Pourtant, les décisions prises depuis son arrivée au pouvoir trahissent une soumission croissante aux intérêts de Washington.
Une ouverture économique au service des multinationales
Le 30 janvier, l'Assemblée nationale vénézuélienne, désormais contrôlée par les proches de Rodriguez, a adopté une loi ouvrant largement le secteur pétrolier aux investissements privés. Une rupture totale avec le modèle chaviste, qui avait fait de la nationalisation des hydrocarbures un pilier de sa politique. Cette décision, saluée par Donald Trump, illustre la priorité donnée aux intérêts économiques américains sur les principes de souveraineté nationale.
Des gestes symboliques pour masquer la réalité
Pour donner l'illusion d'un changement, Delcy Rodriguez a annoncé une loi d'amnistie et la fermeture de l'Hélicoïde, ce centre de détention emblématique de la répression. Si ces mesures sont bienvenues, elles ne doivent pas occulter la réalité : le régime reste en place, et les opposants continuent d'être muselés. Maria Corina Machado, prix Nobel de la paix, a d'ailleurs été marginalisée du processus politique.
Un jeu d'équilibriste au service de Washington
Delcy Rodriguez joue habilement sur les deux tableaux : dénonçant officiellement l'ingérence américaine tout en appliquant scrupuleusement les directives venues de Washington.
"Formidable", a déclaré Donald Trump, saluant cette collaboration.Cette soumission, qui contraste avec les discours révolutionnaires du passé, pose la question de l'avenir démocratique du Venezuela.
La France observe avec inquiétude
À Paris, le gouvernement français suit avec attention cette évolution. Emmanuel Macron et Sébastien Lecornu ont exprimé leur préoccupation face à cette normalisation autoritaire, tout en appelant à une transition démocratique. La France, engagée dans une politique de soutien aux démocraties en Amérique latine, pourrait durcir son ton si la situation ne s'améliore pas.