Un retour en force sous les ors de la capitale
Paris, ce vendredi 6 mars 2026. Sous un ciel bas et pluvieux, Bertrand Delanoë arpente les allées du marché Maubert, dans le 5e arrondissement. Emmitouflé dans un pardessus sombre, l'ancien maire de Paris alterne sourires engageants et déclarations solennelles. « L'enjeu aujourd'hui, c'est la démocratie, la République et les valeurs universelles », lance-t-il, tandis que les regards se tournent vers lui.
Un bilan contrasté sous le regard des Parisiens
Si sa popularité semble intacte auprès des commerçants - « Ah… mais vous revoilà, la bonne nouvelle ! », s'exclame un primeur -, elle se heurte à des critiques acerbes. Une habitante du quartier lui reproche vertement les politiques anti-voitures : « C'est vous qui avez commencé à nous emmerder avec la bagnole ». Delanoë, désormais sans voiture, rétorque avec un sourire : « À Paris, ce n'est pas tellement utile. Moi, je prends le métro. Et puis pour votre santé, c'est mieux ».
Stratégie politique : Grégoire dans le viseur de l'Hôtel de Ville
Après un passage chez le charcutier - « des étals qui donnent sacrément envie de faire des écarts » -, Delanoë rejoint Emmanuel Grégoire, son ancien chef de cabinet, et Marine Rosset, candidate socialiste dans le 5e. La silhouette affûtée de l'ancien maire, fruit d'une pratique assidue de la natation, contraste avec l'ambiance tendue des libraires d'Utopia, en difficulté financière. « La ville ne peut pas être heureuse sans commerces culturels qui marchent, je suis certain qu'Emmanuel y veillera », déclare-t-il, en désignant Grégoire.
Un contexte national tendu
Cette campagne parisienne s'inscrit dans un contexte politique national marqué par la crise de la démocratie locale. Alors que le gouvernement Lecornu II tente de rétablir la confiance, la gauche parisienne mise sur des figures historiques pour contrer la montée des droites. Delanoë, symbole d'une certaine gauche réformiste, incarne cette résistance, tandis que Grégoire, figure plus jeune, pourrait incarner la relève.
L'Europe dans le collimateur
Si Paris reste le théâtre de ces enjeux, les regards se tournent aussi vers Bruxelles. Dans un contexte de tensions avec la Hongrie et la Pologne, l'Union Européenne apparaît comme un rempart contre les dérives autoritaires. « Nos valeurs universelles, c'est aussi l'Europe », glisse Delanoë, rappelant l'importance des alliances progressistes face aux nationalismes.