Une campagne électorale sous haute surveillance
À deux mois des élections municipales des 15 et 22 mars 2026, les candidats multiplient les stratégies pour toucher les électeurs. Parmi elles, l'envoi massif de SMS, une pratique désormais courante mais encadrée par la loi. Franceinfo a pu constater que des partis comme Reconquête et le Rassemblement national ont déjà utilisé ce canal de communication, tout comme Les Républicains et la majorité présidentielle par le passé.
Le consentement, une obligation légale
La Commission nationale de l'informatique et des libertés (CNIL) rappelle que la prospection politique par SMS est autorisée, mais sous conditions strictes. Le consentement explicite des électeurs est indispensable. Les candidats doivent soit obtenir une autorisation préalable, soit proposer une procédure claire pour se désinscrire (comme l'envoi d'un message 'STOP').
Transparence et respect des données
Les équipes de campagne doivent aussi justifier la provenance des numéros de téléphone. Les électeurs ont le droit de savoir si leurs données ont été collectées via des listes électorales, des bases de données internes ou des data brokers. La CNIL a déjà sanctionné des candidats en 2025 pour des manquements, comme l'utilisation abusive de numéros de patients par un professionnel de santé.
Les méthodes controversées des partis
Si certains partis puisent dans leurs propres fichiers (rencontres, sites web), d'autres font appel à des sociétés spécialisées, les data brokers. Ces intermédiaires vendent des packs de contacts obtenus via des partenariats commerciaux. Une pratique légale, mais critiquée, notamment par le sénateur communiste Alexandre Basquin, qui a déposé une proposition de loi pour l'interdire.
Un enjeu démocratique
Alors que la crise de la démocratie locale s'aggrave, ces pratiques soulèvent des questions sur l'équité des campagnes. La gauche dénonce une instrumentalisation des données, tandis que l'extrême droite et la droite traditionnelle défendent leur droit à communiquer. La majorité présidentielle, elle, mise sur une approche plus transparente, en ligne avec les valeurs européennes.