Le PCF, troisième force municipale, joue son avenir aux élections locales
Alors que la France s'apprête à voter les 15 et 22 mars prochains, le Parti communiste français (PCF) se prépare à un scrutin crucial. Avec 6 700 élus et la gestion de 661 communes, dont 145 de plus de 3 500 habitants, le parti de Fabien Roussel mise sur son ancrage territorial pour résister à l'érosion de son influence nationale.
Un enracinement local à préserver
"Il y a un enracinement dans le territoire à conserver", souligne Pierre Lacaze, responsable des élections au PCF. Le parti, troisième force politique derrière Les Républicains (LR) et le Parti socialiste (PS) en nombre d'élus, considère les municipales comme un enjeu existentiel. "Les communes sont le seul lieu où des millions de gens sont régulièrement en contact avec leurs représentants", explique Patrice Bessac, maire de Montreuil (Seine-Saint-Denis), la plus grande ville dirigée par un communiste.
Des bastions à défendre et des conquêtes à tenter
Le PCF compte bien conserver ses fiefs historiques comme Montreuil, Vénissieux (banlieue lyonnaise) ou encore Martigues (près de Marseille). Mais le parti rêve aussi de reprendre des villes perdues, comme Nîmes (Gard) et Le Havre, où l'ancien Premier ministre Édouard Philippe, figure montante de la droite, pourrait voir son influence locale mise à mal.
Une stratégie d'alliances fragilisée par les divisions de la gauche
Pour faire face à la montée de l'extrême droite, le PCF a noué des alliances avec le PS et les écologistes dans 90 % des cas. Cependant, ces listes d'union de la gauche devront souvent affronter des listes La France insoumise (LFI) autonomes, comme à Vénissieux, où la maire sortante Michèle Picard est challengée par le député insoumis Idir Boumertit.
Un scrutin qui prépare 2027
Ces élections municipales pourraient également servir de tremplin pour la présidentielle de 2027. Fabien Roussel, qui se présente à Saint-Amand-les-Eaux (Nord), défend une conception du mandat local au-dessus des clivages partisans. "L'actualité est rythmée par la violence et la brutalité de la vie politique. Si j'ai un vœu à formuler, c'est de faire en sorte qu'aux élections municipales, on fasse tout pour protéger nos communes de ce climat délétère", déclare-t-il.
Un enjeu de survie pour la gauche
Pour le PCF, ces élections sont bien plus qu'un simple scrutin local. Elles représentent un enjeu de survie politique, alors que la gauche française traverse une crise profonde. "Reconstruire la base populaire qui faisait la force de la gauche : voilà le défi de nos municipales. Pour le PCF, c'est un enjeu majeur. Et pour la gauche française, c'est peut-être tout simplement une question de survie politique", conclut Léon Deffontaines, porte-parole du parti.