Un bastion communiste vacille sous la pression de l’extrême droite
Le 18 décembre 2025, la salle municipale de Vierzon (Cher) a été le théâtre d’une scène inattendue. Corinne Ollivier, maire communiste élue en 2022, devait présenter les conclusions d’ateliers citoyens censés fonder son programme pour les municipales de 2026. Mais son absence, due à des problèmes de santé, a plongé la ville dans une incertitude politique.
Maryvonne Roux, adjointe déléguée à la santé et à la jeunesse, a pris le relais in extremis. « J’ai dû la remplacer au pied levé. Sur le moment, il faut parer à l’urgence, face à la population qui attend ce moment avec son maire », explique-t-elle. Depuis, Corinne Ollivier s’est retirée, laissant Maryvonne Roux, 54 ans, porter les couleurs d’une liste soutenue par le PCF, malgré son absence de carte militante.
Une succession improvisée face à la montée de l’extrême droite
Cette transition chaotique intervient dans un contexte où l’extrême droite, en pleine ascension, menace les bastions historiques de la gauche. Vierzon, ville de 25 000 habitants marquée par la désindustrialisation, pourrait devenir un symbole de cette crise de la démocratie locale.
Maryvonne Roux mise sur son ancrage local et sa notoriété, acquise en 2018 lors de la bataille pour sauver la maternité vierzonnaise. Mais face à une droite radicalisée et une extrême droite en embuscade, son pari semble risqué. « Je défends un bilan et la promesse du changement », affirme-t-elle, tout en reconnaissant que cette campagne est un baptême du feu.
Un enjeu national dans une ville ouvrière
Les municipales de 2026 s’annoncent comme un test pour l’union de la gauche, fragilisée par les divisions internes et la montée des populismes. À Vierzon, comme ailleurs, le scrutin pourrait révéler une fracture politique profonde, entre un héritage ouvrier en déclin et une droite nationaliste en pleine reconquête.
Dans ce contexte, le gouvernement Lecornu II, marqué par des tensions avec les collectivités locales, observe avec inquiétude cette crise de la démocratie locale. Les élections municipales pourraient accélérer la polarisation politique, déjà exacerbée par les tensions internationales et les défis économiques.
Alors que le premier tour est prévu pour le 15 mars, Vierzon incarne les défis d’une gauche en quête de renouveau face à une droite radicalisée. La bataille pour cette ville ouvrière symbolise bien les enjeux d’un scrutin qui pourrait redessiner le paysage politique français.