Une présence en déclin, mais toujours influente
En France, le nombre d’agriculteurs ne cesse de diminuer. Passés de 1,5 million dans les années 1970 à moins de 500 000 aujourd’hui, ils restent pourtant un acteur clé des paysages ruraux et de la vie politique. Les récentes mobilisations contre la gestion sanitaire de la dermatose bovine ou l’accord UE-Mercosur en témoignent.
Un recul inquiétant dans les conseils municipaux
À l’approche des élections municipales des 15 et 22 mars, la question de leur représentation se pose. Arnaud Rousseau, président de la FNSEA, a alerté dans Ouest-France : « Dans les années 1950, un maire sur deux était agriculteur. En 2023, ils ne sont plus que 10 %. »
Si leur présence reste proportionnelle à leur poids démographique (2,6 % de l’emploi total), leur influence s’érode. En 2008, 15,9 % des maires étaient agriculteurs, contre 11,7 % en 2020. Une tendance qui interroge sur l’avenir de la démocratie locale.
Une surreprésentation qui résiste
Malgré ce déclin, les agriculteurs conservent une place notable. Dans 70 % des conseils municipaux, au moins un élu est issu du monde agricole.
« On garde une surreprésentation des maires agriculteurs, certes il y a un recul, mais ça résiste plutôt bien »,note le sociologue François Purseigle.
Mais cette résistance cache une réalité plus complexe. La gauche critique une droitisation des campagnes, tandis que l’extrême droite tente de capter ce vote traditionnel. Dans un contexte de crise des vocations politiques, les agriculteurs pourraient devenir un enjeu clé pour les partis en vue de 2027.
Un enjeu européen et local
Le gouvernement Lecornu II, sous la présidence d’Emmanuel Macron, tente de concilier modernisation agricole et préservation des territoires. Les accords commerciaux, comme celui avec le Mercosur, divisent une profession déjà fragilisée. La question de leur représentation politique prend ainsi une dimension stratégique.
Face à la montée des populismes, la défense d’une agriculture durable et ancrée dans les territoires devient un marqueur progressiste. Un défi pour la gauche, qui doit séduire ces électeurs sans céder aux sirènes du repli.