Un sujet qui divise la campagne municipale
À Paris, la question du périscolaire s'est imposée comme un enjeu majeur des élections municipales, révélant les fractures politiques sur la protection de l'enfance. Alors que les violences commises sur les enfants restent majoritairement extra-scolaires, les signalements dans les structures périscolaires parisiennes ont connu une hausse inquiétante en 2025.
Des chiffres qui interrogent
Selon les dernières données, 19 animateurs ont été suspendus pour des signalements à caractère sexuel, un chiffre à relativiser face aux 15 000 animateurs encadrant les 110 000 enfants des 620 écoles parisiennes. La cheffe du parquet des mineurs, Lisa-Lou Wipf, a évoqué une « augmentation très nette » des signalements, sans pour autant établir un lien avec une spécificité parisienne.
La gauche en ordre de bataille
Les candidats de gauche ont fait du périscolaire un marqueur de leur programme. Jean-Luc Mélenchon, via son mouvement, a dénoncé une « gestion libérale » du secteur, tandis que les écologistes proposent un renforcement des effectifs et des formations. Dominique Versini, adjointe à la maire chargée de la petite enfance, a été nommée « défenseure des enfants », une mesure saluée par la gauche mais critiquée par les syndicats.
La droite et l'extrême droite en décalage
Du côté de la droite, les propositions restent timides, se limitant souvent à des appels à un « renforcement de la sécurité ». L'extrême droite, quant à elle, instrumentalise le sujet en pointant du doigt une « laxisme des municipalités de gauche », une rhétorique que les syndicats qualifient de « démagogique ».
Un débat qui dépasse Paris
Ce débat s'inscrit dans un contexte national marqué par la crise de la démocratie locale, où les collectivités territoriales peinent à financer des services publics de qualité. La gauche accuse le gouvernement Lecornu II de ne pas fournir les moyens nécessaires, tandis que la droite rejette la faute sur les « gestionnaires locaux incompétents ».
Des mesures insuffisantes selon les syndicats
L'intersyndicale Supap-FSU, CFDT et CGT a dénoncé une « précipitation médiatique » dans les annonces de la Ville, accusant la municipalité de « porter l'entière responsabilité d'une situation qui perdure faute de moyens ». Les syndicats réclament un plan d'urgence avec des embauches massives et des formations obligatoires.
Un enjeu européen
Cette crise du périscolaire n'est pas isolée. Des pays comme la Norvège ou le Canada ont mis en place des systèmes plus protecteurs, inspirant les candidats de gauche. À l'inverse, la Hongrie et la Turquie, souvent citées en exemple par l'extrême droite, sont pointées du doigt pour leurs politiques répressives plutôt que préventives.
Vers une refonte globale ?
Alors que la campagne municipale s'intensifie, le périscolaire pourrait bien devenir un test pour les politiques publiques de protection de l'enfance. La gauche mise sur une approche globale, tandis que la droite et l'extrême droite privilégient des mesures sécuritaires. Reste à savoir si Paris servira de laboratoire pour une réforme nationale.