Une bataille politique sans précédent à Nancy
À Nancy, les élections municipales des 15 et 22 mars 2026 s'annoncent comme un tournant politique majeur. Le maire socialiste sortant, Mathieu Klein, président de la Métropole du Grand Nancy, affronte un adversaire déterminé en la personne de Laurent Hénart, figure de la droite locale. Six ans après avoir mis fin à 74 ans de domination de la droite et du centre, Klein espère consolider son pouvoir face à un adversaire affaibli mais toujours dangereux.
Une gauche divisée et un écologiste en rupture
La campagne de Mathieu Klein, bien que marquée par une liste renouvelée, est fragilisée par l'absence de Laurent Watrin, l'écologiste qui avait joué un rôle clé dans sa victoire en 2020. « Il m’est revenu aux oreilles qu’on disait de moi que je ne faisais pas l’unanimité, et que j’étais un peu raide », confie Watrin, désormais tête d'une liste « indépendante et citoyenne ». Cette fracture au sein de la gauche pourrait profiter à la droite, malgré ses divisions internes.
La stratégie de la gauche : une union fragile
Mathieu Klein mise sur une liste transpartisane, incluant un collectif citoyen, mais excluant La France insoumise (LFI) au premier tour. « Ils ont une ligne politique qui n’est pas la [s]ienne », justifie-t-il. Cette exclusion pourrait affaiblir la dynamique de la gauche, alors que les législatives de 2024 avaient pourtant confirmé sa domination sur l’agglomération nancéienne.
La droite en quête de renouveau
Laurent Hénart, ancien président du Parti radical, tente de capitaliser sur les frustrations locales. Son discours met en avant la « gestion rigoureuse » et la « proximité », des thèmes chers à une droite en pleine recomposition. Cependant, son camp reste divisé, entre modérés et partisans d’une alliance avec l’extrême droite, une perspective rejetée par une majorité de Nancéiens.
Un scrutin sous haute tension
Dans un contexte national marqué par la crise des vocations politiques et la montée des extrêmes, Nancy incarne les défis de la démocratie locale. Les électeurs devront choisir entre une gauche en quête de stabilité et une droite en pleine mutation, dans une ville où l’enjeu dépasse largement le cadre municipal.
« Nancy est le laboratoire des tensions politiques françaises. Ce scrutin pourrait préfigurer les batailles de 2027. »