Une compétition aux accents politiques
Alors que la 98e cérémonie des Oscars approche, trois films présélectionnés dans la catégorie « meilleur film étranger » cristallisent les tensions géopolitiques actuelles. Un simple accident de Jafar Panahi, La Voix de Hind Rajab de Kaouther Ben Hania et Palestine 36 d'Annemarie Jacir incarnent une résistance artistique face aux régimes autoritaires et aux violences systémiques.
Jafar Panahi, symbole de la lutte iranienne
Le réalisateur iranien, condamné à un an de prison par contumace pour « propagande », présente un film tourné clandestinement. Un simple accident, Palme d'or 2025, dénonce les conditions carcérales en Iran. Panahi, en exil à Los Angeles, a déclaré :
« Je dois rentrer en Iran. Je ne suis pas le genre de personne capable de vivre ailleurs que dans mon propre pays. »Son film, qui concourt pour la France, pourrait offrir une tribune internationale au peuple iranien, ébranlé par des manifestations réprimées dans le sang.
Kaouther Ben Hania : la voix des victimes palestiniennes
La réalisatrice tunisienne, primée à Venise, porte la parole des opprimés avec La Voix de Hind Rajab. Ce docu-fiction retrace les dernières heures d'une fillette de 5 ans tuée à Gaza, à travers les enregistrements du Croissant-Rouge. Ben Hania dénonce l'invisibilisation médiatique des Palestiniens :
« Les Palestiniens n'ont pas le droit de raconter leur douleur dans les médias occidentaux. »Une nomination aux Oscars serait un coup de projecteur sur la situation humanitaire à Gaza.
Annemarie Jacir : la mémoire palestinienne face à l'oubli
Première réalisatrice palestinienne présélectionnée, Jacir aborde la révolte de 1936 contre le mandat britannique. Tourné en Jordanie après l'annulation du projet initial en Palestine, Palestine 36 explore les racines du conflit. La réalisatrice espère que les Oscars permettront de « partager cette histoire trop méconnue ».
Une cérémonie sous haute tension politique
Alors que la France, sous la présidence d'Emmanuel Macron, soutient ces œuvres engagées, la droite française critique une « instrumentalisation » du cinéma. Jean-Luc Mélenchon a salué ces films comme des « actes de résistance culturelle ». La liste finale sera dévoilée le 22 janvier, dans un contexte de crispations diplomatiques accrues.