Pouvoir d’achat en chute libre : LFI en première ligne contre le gouvernement

Par Mathieu Robin 11/09/2026 à 10:17
Pouvoir d’achat en chute libre : LFI en première ligne contre le gouvernement

Clémence Guetté (LFI) dénonce l’échec économique du gouvernement Lecornu et propose blocage des carburants, annulation de la dette BCE et hausse du SMIC. La gauche en ordre dispersé face à l’extrême droite.

Clémence Guetté à l’épreuve des chiffres économiques : LFI sonne l’alarme

Alors que l’économie française s’enfonce dans une crise aux conséquences sociales dramatiques, Clémence Guetté, vice-présidente de l’Assemblée nationale et figure montante de La France Insoumise, a livré une analyse sans concession des politiques menées par l’exécutif. Invitée ce matin dans le cadre du 8h30, la députée du Val-d’Oise n’a pas mâché ses mots pour dénoncer l’échec patent des mesures gouvernementales face à la dégradation du pouvoir d’achat et à l’inflation galopante.

Avec un taux de chômage qui frôle les 8 % et une croissance atone, le gouvernement de Sébastien Lecornu se retrouve sous le feu des critiques, tandis que les solutions proposées par la gauche radicale gagnent en visibilité. Entre blocage des prix des carburants et annulation d’une partie de la dette publique détenue par la Banque centrale européenne, LFI trace sa voie dans un paysage politique profondément fracturé.

L’inflation, cette « facture sociale » infligée aux ménages

Les derniers indicateurs économiques, publiés en urgence ce trimestre, confirment ce que les Français pressentaient : le pouvoir d’achat s’effrite. Les prix de l’alimentation et de l’énergie, en particulier, explosent, tandis que les salaires, eux, stagnent. Clémence Guetté a pointé du doigt les choix libéraux du gouvernement Macron, accusant une politique économique « aveugle aux réalités des classes populaires et moyennes ».

« La flambée des carburants n’est pas une fatalité, c’est le résultat d’un système qui mise sur la spéculation et la dépendance aux marchés internationaux. Plutôt que de jouer les pompiers pyromanes avec des primes ponctuelles, nous proposons un blocage immédiat des prix à la pompe. »

Clémence Guetté, vice-présidente de l’Assemblée nationale

Alors que l’Union européenne peine à coordonner une réponse commune face à la crise énergétique, la députée a rappelé l’urgence d’une fiscalité redistributive, notamment en taxant davantage les superprofits des multinationales, un levier actionnable sans attendre Bruxelles. Une proposition qui s’inscrit dans la droite ligne du programme économique de Jean-Luc Mélenchon, dont elle est la principale porte-parole parlementaire.

Dette publique : LFI contre-attaque avec un plan choc

Autre pomme de discorde : la gestion de la dette publique. Alors que le gouvernement multiplie les annonces austéritaires pour rassurer les marchés, La France Insoumise frappe fort avec une mesure phare : l’annulation d’une partie de la dette détenue par la Banque centrale européenne (BCE). Une idée que Clémence Guetté défend avec force, arguant que cette dette, contractée dans l’intérêt général, ne doit plus servir de prétexte à des coupes budgétaires sauvages.

« Pourquoi continuer à rembourser des créanciers qui spéculent sur notre monnaie ? » s’est-elle interrogée, dénonçant les logiques de rentabilité imposées à la souveraineté française. Une position qui, bien que radicale, trouve un écho croissant dans l’opinion, y compris au sein de la gauche modérée. Le Portugal et la Grèce, qui ont déjà eu recours à des restructurations partielles de leur dette, servent de référence à LFI pour justifier cette audace.

Pourtant, face à cette proposition, les institutions européennes, sous influence allemande, restent fermement opposées. La Commission européenne, en ligne avec la Banque centrale allemande, y voit une menace pour la stabilité de l’euro. Un clivage qui illustre les tensions croissantes entre une France en quête de souveraineté économique et un establishment bruxellois toujours plus intégré.

Primaires de gauche : LFI face à la division stratégique

Dans un contexte de fragmentation politique, La France Insoumise doit composer avec les ambitions présidentielles de Fabien Roussel, dont la candidature divise même au sein de son propre parti. Clémence Guetté a tenté de rassurer sur la cohésion de la NUPES, tout en pointant du doigt les manœuvres de division orchestrées par une partie de la gauche modérée.

« Les primaires socialistes ne doivent pas servir de machine à broyer les espoirs de progrès social », a-t-elle lancé, fustigeant les calculs tactiques de certains dirigeants du Parti socialiste, accusés de privilégier leurs intérêts électoraux au détriment d’une union large. Une critique qui vise particulièrement Bernard Cazeneuve, dont les déclarations récentes sur « un climat de règlement de comptes » ont alimenté les tensions.

Pour LFI, l’enjeu est clair : éviter que la gauche ne se noie dans ses querelles internes et présenter un front uni face à l’extrême droite, dont les scores récents en Europe — notamment en Allemagne — inquiètent jusqu’en France. « Nous ne pouvons pas laisser une droite décomplexée et un RN en embuscade dicter l’agenda politique », a-t-elle martelé.

Violences sexistes et sexuelles : LFI en porte-à-faux avec l’exécutif

Enfin, Clémence Guetté a abordé un sujet sensible : la loi intégrale contre les violences sexistes et sexuelles, portée par le gouvernement. Si LFI partage l’objectif affiché, la députée a exprimé des réserves sur les moyens proposés, jugés insuffisants ou trop répressifs. « Une loi sans moyens financiers et humains est une loi creuse », a-t-elle déclaré, insistant sur la nécessité de renforcer les structures d’accueil pour les victimes et de former les professionnels de la justice.

Une position qui contraste avec celle de Marine Le Pen, dont les propositions en la matière se résument souvent à des mesures sécuritaires, et avec celle d’une partie de la droite, qui minimise l’ampleur du phénomène. LFI, elle, mise sur une approche globale, combinant prévention, éducation et répression ciblée.

Alors que le quinquennat d’Emmanuel Macron entre dans sa dernière ligne droite, les propositions de La France Insoumise gagnent en crédibilité, portées par une mobilisation citoyenne toujours plus forte. Clémence Guetté, avec sa franchise et son engagement, incarne cette nouvelle génération de parlementaires qui bouscule l’ordre établi. Reste à savoir si ses idées parviendront à s’imposer face à une droite décidée à défendre ses privilèges et une extrême droite déterminée à exploiter les frustrations populaires.

L’économie française en zone rouge : un gouvernement sous pression

Les dernières projections économiques, publiées ce mois-ci, dessinent un tableau inquiétant pour les six prochains mois. Avec une inflation qui devrait atteindre 5,8 % d’ici la fin de l’année et un déficit public qui s’élargit sous l’effet des dépenses contraintes, le gouvernement Lecornu II semble pris entre deux feux : réduire les dépenses pour rassurer les marchés, ou investir pour relancer l’activité.

Pour Clémence Guetté, la réponse est évidente : il faut rompre avec l’austérité. « Les plans d’austérité n’ont jamais sauvé une économie. Regardez la Grèce ou l’Italie : ce sont les peuples qui en paient le prix », a-t-elle rappelé, citant en exemple la Norvège, dont le fonds souverain permet de lisser les chocs économiques sans sacrifier les services publics.

Une critique qui vise directement la politique de rigueur imposée par Bruxelles, souvent présentée comme la seule voie possible. Pourtant, plusieurs États membres de l’Union européenne — à commencer par l’Espagne ou le Portugal — expérimentent des modèles alternatifs, combinant relance keynésienne et transition écologique.

Dans ce contexte, La France Insoumise mise sur un plan de rupture : nationalisations ciblées dans les secteurs stratégiques (énergie, transports), augmentation du SMIC à 1 600 euros net, et taxation des grandes fortunes. Des mesures qui, selon ses partisans, permettraient de relancer la demande intérieure et de réduire les inégalités.

Pour ses détracteurs, ces propositions relèvent du « populisme économique ». Pourtant, les sondages récents montrent que plus de 60 % des Français soutiennent l’idée d’un blocage des prix de l’énergie, et que 45 % se déclarent favorables à une annulation partielle de la dette. Des chiffres qui en disent long sur l’urgence d’une alternative.

La gauche face à ses démons : entre divisions et espoirs

Si La France Insoumise semble désormais incontournable dans le paysage politique, elle doit composer avec des forces centrifuges. Fabien Roussel, dont la candidature à la présidentielle de 2027 est désormais actée, incarne une ligne plus conciliante avec la droite sur certains sujets sociétaux, tout en défendant une politique sociale ambitieuse. Une stratégie qui divise même au sein du Parti communiste, dont il est issu.

« Le débat sur la primaire de gauche n’est pas un luxe, c’est une nécessité », a souligné Clémence Guetté. « Mais il ne doit pas nous aveugler : l’ennemi, c’est la droite et l’extrême droite, pas nos alliés de la veille ». Une mise en garde qui vise notamment les frondeurs du Parti socialiste, accusés de saboter toute union durable.

Pourtant, les dernières élections européennes ont montré que l’union de la gauche pouvait payer. En obtenant près de 20 % des voix, la NUPES a confirmé son ancrage dans le paysage politique. Une dynamique que LFI compte bien exploiter pour en faire un tremplin vers 2027.

Reste la question des alliances avec le Parti socialiste, dont les hésitations persistent. Alors que Bernard Cazeneuve et ses partisans prônent une ligne « réaliste » — c’est-à-dire un recentrage vers le centre —, Clémence Guetté martèle : « Il n’y a pas de place pour un social-libéralisme mou dans une France en crise ».

Une bataille idéologique qui dépasse le cadre hexagonal. En Europe, la montée des extrêmes — de l’Allemagne à l’Italie — pousse les forces progressistes à s’unir. LFI, qui défend une Europe sociale et écologique, y voit une opportunité : « L’Europe peut être notre bouclier contre les dérives autoritaires, à condition de la réformer de l’intérieur », a-t-elle insisté.

Les violences sexistes : un combat loin d’être gagné

Sur le front des droits des femmes, Clémence Guetté a rappelé que la France reste en retard sur ses voisins européens. Malgré les avancées législatives, le nombre de féminicides ne baisse pas, et les violences conjugales explosent. « Une loi sans budget est une loi sans effet », a-t-elle dénoncé, pointant du doigt le manque de moyens alloués aux associations et aux tribunaux spécialisés.

Une critique qui s’adresse autant au gouvernement qu’à une partie de la gauche, accusée de minimiser l’urgence. « Les violences sexistes ne sont pas un sujet secondaire », a-t-elle martelé, citant en exemple le Brésil, où une mobilisation féministe massive a permis des avancées législatives historiques en 2023.

Pour LFI, la solution passe par une éducation massive à l’égalité, dès l’école primaire, et par un plan de rattrapage des moyens judiciaires. Une approche globale qui contraste avec les mesures sécuritaires promues par l’extrême droite et une partie de la droite classique.

En conclusion, alors que le gouvernement Lecornu II tente de survivre à une fin de mandat chaotique, Clémence Guetté et La France Insoumise occupent le devant de la scène. Entre critique acerbe des politiques libérales et propositions audacieuses, leur discours résonne de plus en plus avec une France en quête de justice sociale. Reste à savoir si cette dynamique suffira à inverser la tendance… ou si les divisions de la gauche auront raison de leurs espoirs.

À propos de l'auteur

Mathieu Robin

Cofondateur de politique-france.info, je vous présente l'actualité politique grâce à mon expertise sur les relations France-Europe.

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Commentaires (2)

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FXR_569

il y a 27 minutes

Clémence Guetté marque des points rhétoriques en ciblant le blocage des carburants, mesure populaire mais économiquement discutable. Cela rappelle 2018 et les Gilets jaunes. Le gouvernement, lui, reste sourd aux revendications structurelles comme la réforme fiscale.

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E

evercurious47

il y a 48 minutes

mdr les mecs ils vont encore nous faire des promesses en l'air... sérieus ??? blocage des carburants ? mais ça marche JAMAIS sa ! ptk on est des cobayes en permanence ?

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