Présidentielle 2027 : Fabien Roussel mise sur le travail et la lutte contre la fraude fiscale

Par Aurélie Lefebvre 07/09/2026 à 10:10
Présidentielle 2027 : Fabien Roussel mise sur le travail et la lutte contre la fraude fiscale

Fabien Roussel mise sur le travail et la lutte contre la fraude fiscale pour séduire les classes populaires. La gauche peut-elle éviter un nouveau désastre en 2027 ? Analyse de sa stratégie face aux divisions et à la montée de l’extrême droite.

Une candidature de gauche pour défendre les travailleurs

Alors que l’échéance présidentielle de 2027 se précise, la gauche française se prépare à un scrutin où les divisions risquent de fragiliser ses chances de succès. Pourtant, Fabien Roussel, candidat du Parti Communiste Français pour la deuxième fois, assume pleinement sa démarche : ne pas s’abaisser à des polémiques stériles contre ses alliés de gauche, mais proposer une alternative claire aux travailleurs et aux classes populaires, souvent séduites par l’extrême droite. C’est en tout cas ce qu’a réaffirmé Ian Brossat, directeur de campagne du candidat, lors d’un entretien exclusif sur France Télévisions ce lundi 7 septembre 2026.

Face aux critiques sur le soi-disant « morcellement » de la gauche, Roussel et son équipe assument leur choix : une campagne axée sur le pouvoir d’achat, la justice sociale et la lutte contre les inégalités. Une approche qui contraste avec les divisions internes et les stratégies électorales parfois opportunistes observées ces dernières années.

La gauche doit être forte, pas unifiée à tout prix

L’argument selon lequel la gauche souffrirait d’un « trop-plein de candidats » est balayé d’un revers de main par les responsables communistes. Pour eux, le problème n’est pas la pluralité des voix, mais l’incapacité à mobiliser les électeurs populaires. En 2022, Fabien Roussel n’avait obtenu que 2,28 % des suffrages, un score modeste qui reflète moins un rejet de son programme qu’un désengagement massif des classes laborieuses, souvent captées par des discours populistes ou néolibéraux. « La gauche ne manque pas de candidats, elle manque d’électeurs », martèle Ian Brossat, qui rejette toute idée de retrait en faveur d’un autre prétendant de gauche.

Les chiffres sont là : selon un sondage IFOP de mai 2026, seuls 3 % des ouvriers envisagent de voter pour Roussel, contre 48 % pour Marine Le Pen et 19 % pour Jean-Luc Mélenchon. Une réalité qui interroge sur la capacité du PCF à incarner une alternative crédible pour les travailleurs. Pourtant, les communistes défendent leur stratégie : ne pas céder à la surenchère électorale, mais miser sur un discours de classe assumé.

Le travail et la fraude fiscale au cœur de la campagne

Si Fabien Roussel mise sur un thème fédérateur, c’est bien celui du travail. Son programme repose sur deux piliers : l’amélioration des salaires et la lutte contre la fraude fiscale. La première proposition phare ? L’indexation des salaires sur l’inflation, une mesure déjà en vigueur en Belgique et que le candidat entend transposer en France. L’objectif : empêcher que les travailleurs ne voient leur pouvoir d’achat s’effriter davantage, alors que les prix de l’alimentation et de l’énergie explosent.

« Il est inacceptable que des millions de Français, qui se lèvent tôt et rentrent tard, ne parviennent plus à vivre décemment de leur travail. Leur salaire doit suivre l’inflation, point final. »

Le second combat de Roussel ? La fraude fiscale des plus aisés. Chaque année, près de 100 milliards d’euros échappent à l’impôt en France, selon les estimations. Une somme colossale qui, si elle était récupérée, permettrait de financer des services publics dignes de ce nom. Pour le PCF, c’est une question de justice sociale : « Ponctionner les retraités ou les classes moyennes, c’est poignarder la République », dénonce Brossat. Ce thème, promis comme « majeur » dans la campagne, vise à montrer que le Parti Communiste est le seul à proposer une réponse concrète aux inégalités économiques.

Un pari risqué dans un paysage politique fragmenté

Malgré ces ambitions, le défi reste de taille. La gauche est plus divisée que jamais, avec des candidatures qui s’égrènent : Mélenchon (LFI), Ruffin (soutenu par une partie de la NUPES), Tondelier (Europe Écologie-Les Verts), et demain peut-être un candidat social-démocrate. Une situation qui rappelle les erreurs du passé : en 1974, la gauche unie autour d’un seul candidat avait échoué face à Valéry Giscard d’Estaing. En revanche, en 1981, la pluralité des voix (avec notamment Michel Rocard et Georges Marchais) n’avait pas empêché François Mitterrand de l’emporter. Pour les communistes, l’histoire leur donne raison : la gauche n’a jamais gagné avec un candidat unique, mais avec une coalition large et une mobilisation populaire.

Ian Brossat balaie les spéculations sur un éventuel retrait de Roussel en faveur de Mélenchon : « Le rôle d’un candidat n’est pas de faire perdre les autres, mais de gagner ». Une posture qui contraste avec les calculs tactiques des années précédentes, lorsque certains avaient cédé à la pression des sondages. Pour le PCF, l’enjeu est clair : ne pas répéter les erreurs de 2022, où l’abstention massive (plus de 10 millions de votants) avait scellé l’échec des progressistes.

Un discours qui dérange l’establishment

La stratégie de Roussel ne plaît pas à tout le monde. Le Parti Socialiste, affaibli, et une partie de la gauche radicale lui reprochent de « diviser » le camp progressiste. Pourtant, les communistes assument leur singularité : refuser la dilution dans un front commun qui trahirait les valeurs du PCF. Leur objectif ? Rassembler au-delà des clivages traditionnels, en s’adressant aux ouvriers, aux fonctionnaires, aux retraités et même à une frange de la jeunesse déçue par le libéralisme.

Leur cible principale : les 50 % d’électeurs qui ne se reconnaissent plus dans le système. Une partie d’entre eux se tourne vers l’extrême droite, une autre vers l’abstention. Roussel mise sur un discours anti-oligarchie, dénonçant à la fois la droite au pouvoir et les milliardaires qui échappent à l’impôt. Une rhétorique qui rappelle les grands combats des années 1970, mais adaptée aux réalités du XXIe siècle.

Quel avenir pour la gauche en 2027 ?

Le calendrier est serré. D’ici à l’été 2027, Fabien Roussel devra convaincre que son approche est la bonne. Les sondages actuels ne lui sont pas favorables, mais les communistes comptent sur deux leviers : la radicalisation des inégalités sociales sous le gouvernement Lecornu et l’usure du pouvoir d’Emmanuel Macron. Avec une inflation persistante, des retraites sous pression et des services publics à bout de souffle, le terrain pourrait leur être favorable.

Pourtant, le défi est double : stimuler la participation des classes populaires, souvent désillusionnées, et créer une dynamique qui dépasse les clivages internes. Les communistes misent sur leur ancrage territorial et leur réseau militant, souvent plus solide que celui des autres formations de gauche. Mais le temps presse : « Si la gauche veut éviter une nouvelle défaite, elle doit proposer un projet mobilisateur, pas des calculs tactiques », avertit Brossat.

Une chose est sûre : Fabien Roussel ne compte pas abandonner la course. Même si les sondages lui sont défavorables, il entend porter jusqu’au bout un message antilibéral, anti-oligarque et favorable aux travailleurs. Une gageure dans un paysage politique où l’extrême droite caracole en tête des intentions de vote, mais une stratégie qui pourrait, contre toute attente, rebattre les cartes.

Le PCF face à ses contradictions

Derrière l’affirmation d’un discours de classe se cachent des questions plus profondes. Le Parti Communiste a-t-il encore les moyens de représenter une alternative crédible ? Peut-il séduire au-delà de son électorat traditionnel ? Pour ses détracteurs, la réponse est non : le PCF serait condamné à rester un parti de niche, incapable de séduire les nouvelles générations ou les classes moyennes précarisées.

Pour ses partisans, au contraire, Roussel incarne une légitimité historique : celle d’un parti qui a toujours défendu les plus modestes, même lorsque les autres formations de gauche privilégiaient les compromis avec le capitalisme. « Nous ne sommes pas un parti de plus, nous sommes le seul parti qui ose dire la vérité : les riches ne paient pas assez d’impôts, et les travailleurs ne sont pas assez payés », résume un cadre du PCF sous couvert d’anonymat.

Le vrai test aura lieu lors de la présidentielle. Si Roussel parvient à dépasser les 5 % des voix, il pourra se targuer d’avoir sauvé l’honneur de la gauche radicale. S’il échoue, le PCF devra affronter une crise existentielle : comment survivre dans un paysage politique où l’extrême droite domine les débats et où les sociaux-démocrates semblent incapables de proposer une alternative cohérente ?

Une chose est certaine : en 2027, la gauche devra choisir entre l’union à tout prix, même au prix de renoncements idéologiques, ou l’affirmation d’un projet de rupture. Fabien Roussel a choisi la seconde voie. À lui de prouver que cette stratégie peut encore payer.

À propos de l'auteur

Aurélie Lefebvre

Lassée de ne pas avoirs d'informations fiables sur la politique française, j'ai décidé de créer avec Mathieu politique-france.info ! Je m'y consacre désormais à plein temps, pour vous narrer les grands faits politique du pays et d'ailleurs. Je lis aussi avec plaisir les articles de politique locale que VOUS écrivez :)

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Commentaires (3)

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veronique-de-saint-etienne

il y a 22 minutes

Lutter contre la fraude fiscale ? Oui, bravo. Mais avec quel effectif ? Un contrôleur pour 10 000 contribuables, c’est tout ce que ça donne.

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Lucie-43

il y a 56 minutes

Bof. On a déjà entendu ça en 2022. Résultat : 2% au second tour. Comme d'hab.

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Erdeven

il y a 1 heure

Non mais sérieux ??? Roussel et son discours sur le travail... Tu veux qu'on croie à ça alors que même les patrons se plaignent du manque de main d'oeuvre ??? c'est quoi ce délire mdr

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