Un soutien inconditionnel malgré les procédures judiciaires
Dans un entretien accordé à une émission politique, Jean-Philippe Tanguy, député du Rassemblement national (RN) et président délégué du groupe à l'Assemblée nationale, a réaffirmé sa confiance en Marine Le Pen, candidate potentielle à l'élection présidentielle de 2027. "Je n’ai aucune raison de ne pas croire à son innocence", a-t-il déclaré, tout en reconnaissant les obstacles juridiques qui pourraient empêcher sa participation.
Marine Le Pen a elle-même évoqué la possibilité de renoncer à la campagne si elle était condamnée et contrainte de porter un bracelet électronique. Une hypothèse que Jean-Philippe Tanguy balaie d'un revers de main, assurant que "nous serons très fiers" si Jordan Bardella devait prendre le relais. "Il s’en sortirait seul", a-t-il ajouté, soulignant la capacité du jeune président du RN à assumer un rôle de premier plan.
Une stratégie de long terme pour le RN
L'interview met en lumière la doctrine politique de Marine Le Pen, présentée comme une "vraie femme d’État" par son collègue. "Elle anticipe l’avenir et ne considère jamais le pouvoir comme acquis", a-t-il expliqué, contrastant cette approche avec celle d'autres partis politiques. Une posture qui, selon lui, reflète une vision à long terme rare dans le paysage politique français.
Un décalage persistant sur les questions sociétales
L'échange a également abordé le vote du RN sur la loi sur la fin de vie, adoptée sans son soutien. 17 députés, dont Jean-Philippe Tanguy, ont voté pour, contre 102 contre. Le député a justifié son vote par un "signal envoyé à la société française", tout en reconnaissant les réticences de son groupe. "Il s’agit davantage de prudence que de conservatisme", a-t-il nuancé, soulignant que le RN aurait préféré un référendum sur ce sujet.
Cette position illustre un décalage persistant entre le RN et une majorité de Français, favorables à cette avancée sociétale. Une fracture qui interroge sur la capacité du parti à représenter les attentes de la société, malgré ses efforts pour se normaliser.
La question des infiltrations d’ultra-droite
Interrogé sur les risques d’infiltration de l’ultra-droite au sein du RN, Jean-Philippe Tanguy a rejeté les accusations, tout en reconnaissant la nécessité de vigilance. "Nous procédons à un contrôle rigoureux pour écarter toute personne issue de groupuscules violents", a-t-il affirmé, tout en pointant du doigt d'autres partis, comme La France Insoumise, accusés de recruter des éléments dangereux.
Une défense qui contraste avec les critiques récurrentes sur la radicalisation de certains courants au sein du RN, notamment après des incidents impliquant des militants controversés.
Alors que la campagne présidentielle de 2027 se profile, ces déclarations révèlent les tensions internes et les enjeux stratégiques du parti d’extrême droite, tiraillé entre normalisation et radicalité.