Remaniement gouvernemental : Lecornu joue avec le feu face à la menace du RN

Par SilverLining 21/02/2026 à 16:19
Remaniement gouvernemental : Lecornu joue avec le feu face à la menace du RN

Remaniement gouvernemental retardé par la menace du RN : Lecornu joue avec le feu face à l'opposition radicale et aux ambitions personnelles de ses ministres

Un remaniement sous tension

Le gouvernement de Sébastien Lecornu s'apprête à vivre une semaine décisive, marquée par un remaniement attendu mais retardé par les manœuvres du Rassemblement national (RN). Selon des sources proches de Matignon, cette réorganisation ministérielle devrait intervenir en milieu de semaine prochaine, à condition que la motion de censure déposée par l'extrême droite ne vienne pas tout bouleverser.

La stratégie du RN : une motion de censure opportuniste

Le RN, qui espérait initialement une motion transpartisane, a finalement décidé de se lancer seul contre la feuille de route énergétique du gouvernement, fixée par décret. Une décision qui révèle une fois de plus l'obsession du parti d'extrême droite pour les procédures législatives, alors qu'il dénonce un « passage en force » de l'exécutif. Une posture qui rappelle les méthodes de l'opposition la plus radicale, bien loin des compromis nécessaires à la gouvernance d'un pays.

Si le texte est déposé lundi, comme le laisse entendre une source gouvernementale, l'examen en hémicycle pourrait avoir lieu dès mercredi. Une perspective qui reporterait de facto le remaniement, alors que Sébastien Lecornu souhaitait le mener avant le début de la période de réserve des élections municipales, ce dimanche.

Lecornu joue la prudence face au Parlement

L'entourage du Premier ministre a confirmé que ce dernier « attend de savoir quand sera discutée l'éventuelle motion de censure » avant de procéder à toute modification gouvernementale.

« Par respect pour le Parlement, on ne va pas modifier le gouvernement avant »,
a-t-on pu entendre dans son entourage. Une déclaration qui souligne la volonté de transparence affichée par le gouvernement, mais qui pourrait aussi être interprétée comme une crainte de braquer davantage l'opposition.

Trois ministres déjà sur le départ

Au moins trois membres du gouvernement sont déjà pressentis pour quitter leurs fonctions : Rachida Dati, candidate à la mairie de Paris, Amélie de Montchalin, nommée à la Cour des comptes, et Charlotte Parmentier-Lecocq, qui souhaite retrouver son siège de députée. La situation de Rachida Dati est particulièrement suivie, la ministre de la Culture poussant pour conserver son poste encore quelque temps, malgré ses engagements électoraux.

Amélie de Montchalin, quant à elle, devrait être officiellement « dénommée » dimanche, en raison de sa prise de fonction à la Cour des comptes dès lundi. Une procédure administrative qui illustre les contorsions d'un gouvernement en fin de mandat.

Un remaniement sous haute surveillance

Alors que la période de réserve des municipales débute dans la nuit de dimanche à lundi, les regards se tournent vers Matignon. Le RN pourrait profiter de ce contexte pour fragiliser un peu plus l'exécutif, alors que le gouvernement tente de maintenir une apparence de stabilité.

Rachida Dati, pour sa part, s'est contentée de promettre qu'elle quitterait le gouvernement avant les élections, rappelant l'exemple d'Édouard Philippe en 2020. Une référence qui en dit long sur les pratiques douteuses de certains élus, prêts à cumuler les mandats pour servir leurs ambitions personnelles.

Un gouvernement sous pression

Dans un contexte marqué par les tensions avec l'extrême droite et les défis économiques persistants, ce remaniement s'annonce comme un test pour Sébastien Lecornu. Le Premier ministre devra trouver le juste équilibre entre fermeté et dialogue, tout en évitant de donner des arguments supplémentaires à ses détracteurs.

Alors que la France s'apprête à vivre un scrutin municipal crucial, le gouvernement est plus que jamais sous surveillance. Les prochains jours pourraient bien déterminer si l'exécutif parvient à garder le cap, ou s'il se laisse emporter par les turbulences politiques.

À propos de l'auteur

SilverLining

On me demande souvent comment je garde espoir face au désastre politique actuel. Ma réponse est simple : je vois ce qui se passe sur le terrain. Des citoyens qui s'organisent, des collectifs qui naissent, des alternatives qui émergent. La politique ne se résume pas aux jeux de pouvoir parisiens. Partout en France, des gens refusent la résignation et inventent autre chose. C'est cette France-là que je documente, celle qui ne fait jamais les gros titres mais qui prépare le monde d'après.

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Commentaires (5)

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Tangente

il y a 3 jours

Ah bah tiens, encore un remaniement qui traîne... Franchement, à force de tergiverser, ils vont finir par se faire doubler par le RN. Mais bon, c'est pas comme si on avait l'habitude...

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C

Cynique bienveillant

il y a 3 jours

Ce qui est intéressant, c'est que Lecornu tente de jouer sur 2 tableaux : calmer les ambitions internes tout en gardant une image de fermeté face au RN. Mais en politique, quand tu joues avec le feu, tu finis par te brûler. Bref, on verra bien.

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F

Fab-49

il y a 3 jours

@cynique-bienveillant Exactement. Le vrai problème, c'est que le RN a déjà gagné sur le terrain de la communication. Même si Lecornu trouve un équilibre, l'image de faiblesse est déjà là. Et en politique, l'image, c'est tout.

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R

Résonance

il y a 3 jours

Nooooon mais sérieux ??? Lecornu il joue à quoi là ??? Le RN va lui bouffer son remaniement en 2 temps 3 mouvements... ptdr

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A

Alain27

il y a 3 jours

@resonance Franchement, je comprends ta colère, mais bon... Le RN c'est pas une menace, c'est une réalité. Et Macron il a tjrs fait genre il maîtrisait sa majorité, mais là...

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