Un remaniement sous le signe des municipales
Les élections municipales des 15 et 22 mars 2026 pourraient bien marquer un tournant dans la composition du gouvernement Lecornu II. Selon des sources proches du Premier ministre, un « ajustement » ministériel est en préparation, une opération qui, bien que présentée comme technique, s'inscrit dans un contexte politique tendu.
Rachida Dati, symbole d'une droite en crise
La principale raison de ce remaniement non officiel est la candidature de Rachida Dati à la mairie de Paris. La ministre de la Culture, qui a annoncé son départ imminent du gouvernement après l'adoption du budget 2026, incarne les tensions entre la droite traditionnelle et la majorité présidentielle. Sa campagne, menée sous les couleurs d'une droite durcie, a provoqué des remous au sein de l'exécutif.
« La mise à distance des intérêts partisans est un principe non négociable », rappelle-t-on dans l'entourage de Sébastien Lecornu. Une position qui contraste avec la stratégie de Dati, dont la candidature s'inscrit dans une guerre des droites qui fragilise l'unité nationale. Le président Emmanuel Macron et le Premier ministre ont refusé de prolonger son mandat rue de Valois, bien qu'ils lui laissent le choix de la date de son départ.
Un gouvernement sous pression
Ce remaniement s'annonce comme une manœuvre tactique pour renforcer l'image d'un gouvernement apolitique, alors que la crise de la démocratie locale s'aggrave. Les élections municipales, traditionnellement apaisées, deviennent un terrain de rivalités partisanes exacerbées, notamment face à la montée des extrêmes.
Pourtant, l'exécutif semble déterminé à maintenir une façade d'unité. « Nous ne voulons pas d'un gouvernement divisé par des querelles internes », confie un conseiller. Une posture qui pourrait se révéler fragile, alors que la stratégie des partis pour 2027 s'accélère.
Un remaniement à suivre de près
Alors que la campagne officielle débute le 2 mars, les regards se tournent vers les prochains mouvements gouvernementaux. Rachida Dati, en quittant le gouvernement, laisse un vide symbolique, mais aussi une opportunité pour Emmanuel Macron de recentrer son équipe sur des priorités plus consensuelles.
Reste à savoir si ce remaniement suffira à apaiser les tensions, alors que la crise des vocations politiques et la défiance citoyenne envers les institutions ne cessent de croître. Une chose est sûre : les prochaines semaines seront décisives pour l'avenir du quinquennat.