Un projet de loi constitutionnelle qui braque les Calédoniens
Alors que la Nouvelle-Calédonie traverse une crise économique et sociale sans précédent, le gouvernement Macron-Lecornu s'apprête à soumettre au Parlement un projet de loi constitutionnelle qui risque d'envenimer la situation. Ce texte, qui prévoit de constitutionnaliser l'accord de Bougival de juillet 2025 et l'accord dit Élysée-Oudinot de janvier 2026, suscite de vives critiques. Le problème majeur : le Parlement est invité à se prononcer à l'aveugle, sans aucune visibilité sur le contenu du projet de loi organique qui doit en découler.
Un quatrième report des élections provinciales qui défie le Conseil constitutionnel
Le projet gouvernemental prévoit également un quatrième report des élections provinciales, contournant ainsi une décision du Conseil constitutionnel de septembre 2025. Pourtant, le Parlement avait enjoint en novembre 2025 à rechercher un accord consensuel sur l'avenir institutionnel de la Nouvelle-Calédonie. Une tentative hasardeuse de consultation anticipée et des discussions de janvier 2026 menées dans des conditions opaques ont refermé la porte que le Parlement avait ouverte.
La politique de la chaise vide du FLNKS : un symptôme d'un désaccord plus profond
Malgré la politique de la chaise vide menée par l'Union calédonienne (UC)-FLNKS, il est impensable d'exclure ce mouvement des discussions.
"Il n'y a pas de solution durable, assurant la paix, la stabilité et le développement en Nouvelle-Calédonie, sans un accord consensuel et inclusif."Cette absence de dialogue risque d'exacerber les tensions dans un territoire déjà fragilisé.
Un contexte économique et social explosif
La Nouvelle-Calédonie fait face à une crise économique et sociale sans précédent, avec des services publics en déliquescence et une démocratie locale en crise. Le gouvernement Macron-Lecornu semble ignorer ces réalités, préférant imposer des solutions unilatérales plutôt que de rechercher un compromis. Cette approche pourrait bien se retourner contre lui, alors que les élections de 2027 approchent.
Les leçons de l'histoire : Rocard et Jospin avaient réussi là où Macron échoue
Les anciens Premiers ministres Michel Rocard et Lionel Jospin avaient su créer les conditions d'un avenir stable et prospère en Nouvelle-Calédonie, dans des relations confiantes avec la France. Leur héritage semble aujourd'hui menacé par une gestion politique court-termiste et autoritaire. Le gouvernement Macron-Lecornu aurait tout intérêt à s'inspirer de ces exemples plutôt que de répéter les erreurs du passé.
Vers une nouvelle crise politique en Nouvelle-Calédonie ?
Avec ce projet de loi constitutionnelle, le gouvernement prend le risque d'ouvrir une nouvelle crise politique en Nouvelle-Calédonie. La démocratie locale est en jeu, tout comme la stabilité d'un territoire déjà fragilisé. Dans un contexte de crise des vocations politiques et de crise de la démocratie locale, cette approche unilatérale pourrait bien se retourner contre le pouvoir en place.