Un procès en appel qui divise
Le député du Rassemblement national Sébastien Chenu était l'invité du 8h30 franceinfo ce mercredi 14 janvier 2026, alors que le procès en appel de Marine Le Pen pour l'affaire des assistants parlementaires du FN s'ouvrait la veille. Une affaire qui, selon lui, relève d'un « désaccord administratif » plutôt que d'une volonté délibérée de fraude.
« On a le sentiment d'une espèce de chasse aux sorcières », a-t-il lancé, dénonçant une sanction disproportionnée qui pourrait priver Marine Le Pen de ses droits à se présenter à l'élection présidentielle. « Ce qui a été qualifié, et que nous contestons, n'est pas délibéré », a-t-il insisté, rejetant toute intention frauduleuse de la part de la présidente du RN.
Une stratégie électorale agressive
Alors que le gouvernement Lecornu II menace de dissoudre l'Assemblée nationale en cas de censure, Sébastien Chenu se montre serein. « On va déposer 650 listes aux élections municipales, ce qui est du jamais-vu », a-t-il déclaré, soulignant la préparation intensive du RN pour les scrutins à venir. « On a 577 candidats déjà présélectionnés pour les législatives », a-t-il ajouté, évoquant une stratégie de « vote utile » pour maximiser l'impact du parti.
Le vice-président de l'Assemblée nationale a également défendu l'idée d'une dissolution, estimant qu'elle serait dans « l'intérêt du pays », permettant de « donner une nouvelle majorité » avant la présidentielle de 2027. Une position qui contraste avec les critiques de l'opposition, qui y voit une manœuvre politique.
Un contexte politique tendu
Cette interview intervient alors que le RN fait face à de nouvelles controverses, notamment sur des cours de média training financés par le Parlement européen et suivis par Jordan Bardella. Des soupçons qui alimentent les tensions avec l'Union européenne, déjà fragilisée par les positions eurosceptiques du parti.
Du côté du gouvernement, la menace de dissolution reste brandie, mais Sébastien Lecornu a jusqu'ici évité de préciser les conditions exactes d'une telle décision. Une incertitude qui pèse sur les stratégies des partis en vue des prochaines échéances électorales.
Un parti en pleine expansion
Malgré les procès et les polémiques, le RN affiche une confiance affichée. Sébastien Chenu a rappelé que son parti était prêt à « voter deux fois le même jour » lors des municipales et législatives, une mesure qu'il présente comme « économique ». Une posture qui pourrait séduire une partie de l'électorat en quête de stabilité politique.
Reste à savoir si cette stratégie payera face à une opposition qui, elle aussi, se prépare activement pour 2027. Dans un contexte de crise de la démocratie locale et de défiance envers les institutions, le RN mise sur son ancrage territorial pour consolider son influence.