Un Salon sous haute tension
La 62e édition du Salon de l'agriculture s'ouvre dans un climat explosif, marqué par des tensions syndicales et une colère latente des agriculteurs. Pour la première fois de son histoire, l'événement emblématique se déroule sans ses vaches, absentes en raison d'une épidémie de dermatose nodulaire contagieuse. Cette absence symbolique reflète les défis auxquels fait face le secteur agricole, entre crises sanitaires et accords commerciaux controversés.
Un président isolé face aux syndicats
Emmanuel Macron a inauguré le Salon samedi 21 février, entouré d'un dispositif de sécurité renforcé. Accueilli par des représentants agricoles et des élus triés sur le volet, le chef de l'État a tenté de rassurer un secteur en ébullition. Mais l'absence remarquée de la Confédération paysanne, qui a boycotté l'événement, illustre le fossé qui se creuse entre le pouvoir et les professionnels du terrain.
"Nous ne voulons pas être les pantins du show présidentiel annuel. Il est indécent de jouer le jeu dans une vitrine fantoche", a déclaré Stéphane Galais, porte-parole du syndicat.
Crise agricole et enjeux géopolitiques
Les agriculteurs français manifestent leur mécontentement face à la gestion de la crise sanitaire et à l'accord commercial avec le Mercosur, signé le 17 janvier. Ces tensions s'inscrivent dans un contexte plus large de défiance envers les politiques agricoles de l'Union européenne, perçues comme insuffisantes pour protéger les producteurs locaux. La France, pourtant fer de lance de l'agriculture européenne, voit ses exploitations fragilisées par la concurrence déloyale et le manque de soutien financier.
Un gouvernement sous pression
Le Premier ministre Sébastien Lecornu, à la tête du gouvernement depuis 2025, fait face à une montée des critiques. Les syndicats agricoles dénoncent un manque de dialogue et une politique agricole jugée trop libérale. Dans un pays où l'agriculture représente un secteur clé, cette défiance pourrait avoir des conséquences politiques majeures, à l'approche des élections de 2027.
L'Europe en première ligne
La crise agricole française s'inscrit dans un débat plus large sur la politique agricole commune (PAC). L'Union européenne, souvent critiquée pour son manque de fermeté face aux importations de produits agricoles à bas coût, est appelée à revoir sa copie. Les pays du Mercosur, comme le Brésil, profitent de ces accords pour exporter massivement, au détriment des producteurs français.
Un Salon sous surveillance
Alors que les visiteurs déambulent dans les allées du Salon, l'ambiance reste tendue. Les agriculteurs, soutenus par une partie de l'opposition, notamment la gauche, exigent des mesures concrètes pour sauver leurs exploitations. Dans ce contexte, le gouvernement doit trouver un équilibre entre les impératifs économiques et les attentes sociales, sous peine de voir la colère monter encore d'un cran.