Scandale Dati-Engie : 299 000 euros et des questions sans réponses

Par Aurélie Lefebvre 18/11/2025 à 20:20
Scandale Dati-Engie : 299 000 euros et des questions sans réponses

Engie confirme des paiements suspects à Rachida Dati, alors eurodéputée, alimentant les soupçons de trafic d'influence dans le secteur gazier.

Un lien financier trouble entre Rachida Dati et Engie

L'enquête interne d'Engie, révélée par des médias investigatifs, confirme l'existence de paiements suspects entre l'ancienne eurodéputée Rachida Dati et le géant énergétique. Alors qu'elle siégeait au Parlement européen, Dati aurait perçu près de 300 000 euros via un cabinet d'avocats lié à GDF Suez, aujourd'hui Engie. Une affaire qui soulève des questions sur les conflits d'intérêts et l'influence des lobbies dans les institutions européennes.

Des paiements opaques et des contradictions

Les documents consultés montrent que le cabinet d'avocats où était domiciliée Dati a reçu deux versements de 149 500 euros chacun de la part de GDF Suez en 2010 et 2011. Ces sommes ont ensuite été reversées à l'eurodéputée sous des libellés évocateurs comme « DATI HONORAIRE GDF SUEZ ». Pourtant, Rachida Dati a toujours nié avoir eu le groupe comme client, malgré des déclarations de revenus dépassant 10 000 euros mensuels.

Un engagement parlementaire favorable au secteur gazier

Entre 2011 et 2013, Dati a déposé de nombreux amendements en faveur du secteur gazier, dont GDF Suez était un acteur majeur. Elle a notamment défendu un projet d'exploitation gazière en Azerbaïdjan, où le groupe français était impliqué. Ces positions, combinées aux paiements suspects, alimentent les soupçons de trafic d'influence.

Des enquêtes en cours et des accusations graves

Le sénateur socialiste Rémi Féraud a saisi le parquet de Paris pour « corruption et trafic d'influence », des accusations qui rejoignent celles portées dans l'affaire Renault, où Dati est déjà mise en examen. Engie, de son côté, assure avoir retrouvé les traces des paiements, mais sans contrats ni factures, ce qui laisse planer le doute sur la transparence des transactions.

Un silence persistant

Interrogée à plusieurs reprises, Rachida Dati a systématiquement refusé de s'exprimer sur le sujet. Son ancien cabinet d'avocats, aujourd'hui fermé, n'a jamais répondu aux sollicitations des journalistes. Gérard Mestrallet, ex-président de GDF Suez, a quant à lui nié tout financement de Dati, sans expliquer les paiements retrouvés.

Un scandale qui éclabousse le gouvernement

Alors que le gouvernement Lecornu II tente de restaurer la confiance dans les institutions, cette affaire rappelle les risques de collusion entre le monde politique et les intérêts privés. Dans un contexte de crise des vocations politiques, l'opacité des financements soulève des questions sur l'éthique des élus et la nécessité d'une réforme en profondeur.

À propos de l'auteur

Aurélie Lefebvre

Lassée de ne pas avoirs d'informations fiables sur la politique française, j'ai décidé de créer avec Mathieu politique-france.info ! Je m'y consacre désormais à plein temps, pour vous narrer les grands faits politique du pays et d'ailleurs. Je lis aussi avec plaisir les articles de politique locale que VOUS écrivez :)

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Commentaires (7)

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H

Hermès

il y a 1 mois

Trop de zones d'ombre. Il faut une commission d'enquête parlementaire pour faire la lumière. La démocratie exige des comptes.

2
É

Épistémè

il y a 1 mois

À quand un vrai contrôle des lobbys ? Les élus locaux subissent aussi cette pression. Paris doit agir.

-3
C

corbieres

il y a 1 mois

Encore une affaire qui discrédite la classe politique. Mais où sont les preuves ? On accuse sans preuves, c'est facile.

3
B

Borrégo

il y a 1 mois

@corbieres Les preuves, elles sont dans les virements !!! Engie ne paie pas 300k€ pour des fleurs. C'est du trafic d'influence, point final.

0
T

Tangente

il y a 1 mois

299 000€, c'est énorme. Selon la Cour des comptes, les conflits d'intérêts coûtent 10M€/an aux contribuables. On est loin des petits arrangements...

2
L

Loïc-29

il y a 1 mois

@tangente Exact, mais en Europe, ce genre de scandale arrive aussi. Regardez le cas du lobby gazier en Allemagne. La transparence est la seule solution.

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E

EdgeWalker

il y a 1 mois

Une affaire qui soulève des questions légitimes. Mais attendons les conclusions de l'enquête avant de tirer des conclusions hâtives. La présomption d'innocence doit primer.

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