Sébastien Lecornu en mode survie : un gouvernement sous tension jusqu'en 2027

Par Anadiplose 09/02/2026 à 07:05
Sébastien Lecornu en mode survie : un gouvernement sous tension jusqu'en 2027

Sébastien Lecornu promet des réformes modestes jusqu'en 2027, mais sa majorité fragile et les tensions politiques menacent sa stratégie.

Un budget adopté, mais une majorité fragile

Une semaine après l'adoption du budget 2026, le premier ministre Sébastien Lecornu a tenté de rassurer dans la presse régionale, promettant une série de « petits pas » pour tenir jusqu'à la prochaine élection présidentielle. Une stratégie qui contraste avec les promesses de réformes ambitieuses de son prédécesseur, Édouard Philippe, qui avait prédit en janvier dernier que « plus rien de décisif ne se produira d'ici 2027 ».

Une majorité de compromis, mais instable

Considérant avoir « loyalement fait son devoir » depuis sa nomination, Lecornu se félicite d'avoir démontré qu'une majorité parlementaire peut voter des textes de compromis. Pourtant, il reconnaît que sa position reste fragile, notamment après avoir dû recourir à l'article 49.3 de la Constitution pour faire adopter le budget.

« Cette période laisse une trace : ceux qui gouverneront après moi seront contraints à davantage de concertation. Il n'y aura plus de 49.3 de facilité. »

L'ombre de 2027 plane sur Matignon

En promettant une année 2026 « utile », Lecornu cherche à répondre aux critiques de l'opposition, notamment de la gauche, qui dénonce un gouvernement en mode gestion courante. La droite, elle, accuse le gouvernement de manquer d'ambition, tandis que l'extrême droite, en pleine guerre des droites, tente de capitaliser sur la crise agricole et la politique sanitaire.

Dans ce contexte, Lecornu tente de se positionner comme un garant de la stabilité, tout en évitant les sujets qui pourraient fragiliser davantage sa majorité. Une stratégie risquée, alors que les finances publiques restent sous tension et que la crise des vocations politiques s'aggrave.

Un gouvernement sous surveillance européenne

Alors que la France reste un pilier de l'Union européenne, les observateurs européens scrutent de près la capacité du gouvernement à mener des réformes structurelles. La Commission européenne, tout en saluant les efforts budgétaires, rappelle que Paris doit accélérer sur les investissements verts et la transition énergétique, deux domaines où la droite française reste réticente.

Dans ce contexte, Lecornu tente de se présenter comme un homme de dialogue, mais les divisions au sein de sa majorité et les attaques répétées de l'opposition pourraient bien le contraindre à un nouveau recours au 49.3, malgré ses promesses.

À propos de l'auteur

Anadiplose

J'en ai assez du journalisme tiède qui ménage la chèvre et le chou. Pendant des années, j'ai regardé mes confrères s'autocensurer par peur de déplaire aux annonceurs ou aux politiques. J'ai décidé d'écrire ce que je pense vraiment, sans filtre. La concentration des médias aux mains de quelques milliardaires me révolte. La précarisation de ma profession me met en colère. Mais c'est précisément cette colère qui me pousse à continuer. Chaque article est un acte de résistance contre la pensée unique

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Commentaires (4)

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Geoffroy de Hyères

il y a 1 semaine

Mouais... Des réformes modestes, c'est-à-dire inexistantes. La politique en mode 'on gère' jusqu'à la prochaine crise. Bof.

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Gavroche

il y a 1 semaine

Nooooon mais sérieux ??? 2027 ??? Ils croient quoi ??? Qu'on va les laisser faire ??? Pfff, jsp même pk on les écoute encore...

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V

veronique-de-saint-etienne

il y a 1 semaine

Lecornu en survie ? Non, en mode 'on verra bien' jusqu'en 2027. La majorité est un château de cartes.

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StoneAge24

il y a 1 semaine

@veronique-de-saint-etienne Exactement. Avec une majorité relative, chaque vote est un bras de fer. Les réformes modestes sont un aveu d'impuissance. Le PS et LR jouent les arbitres, et le RN guette...

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