Un budget adopté, mais une majorité fragile
Une semaine après l'adoption du budget 2026, le premier ministre Sébastien Lecornu a tenté de rassurer dans la presse régionale, promettant une série de « petits pas » pour tenir jusqu'à la prochaine élection présidentielle. Une stratégie qui contraste avec les promesses de réformes ambitieuses de son prédécesseur, Édouard Philippe, qui avait prédit en janvier dernier que « plus rien de décisif ne se produira d'ici 2027 ».
Une majorité de compromis, mais instable
Considérant avoir « loyalement fait son devoir » depuis sa nomination, Lecornu se félicite d'avoir démontré qu'une majorité parlementaire peut voter des textes de compromis. Pourtant, il reconnaît que sa position reste fragile, notamment après avoir dû recourir à l'article 49.3 de la Constitution pour faire adopter le budget.
« Cette période laisse une trace : ceux qui gouverneront après moi seront contraints à davantage de concertation. Il n'y aura plus de 49.3 de facilité. »
L'ombre de 2027 plane sur Matignon
En promettant une année 2026 « utile », Lecornu cherche à répondre aux critiques de l'opposition, notamment de la gauche, qui dénonce un gouvernement en mode gestion courante. La droite, elle, accuse le gouvernement de manquer d'ambition, tandis que l'extrême droite, en pleine guerre des droites, tente de capitaliser sur la crise agricole et la politique sanitaire.
Dans ce contexte, Lecornu tente de se positionner comme un garant de la stabilité, tout en évitant les sujets qui pourraient fragiliser davantage sa majorité. Une stratégie risquée, alors que les finances publiques restent sous tension et que la crise des vocations politiques s'aggrave.
Un gouvernement sous surveillance européenne
Alors que la France reste un pilier de l'Union européenne, les observateurs européens scrutent de près la capacité du gouvernement à mener des réformes structurelles. La Commission européenne, tout en saluant les efforts budgétaires, rappelle que Paris doit accélérer sur les investissements verts et la transition énergétique, deux domaines où la droite française reste réticente.
Dans ce contexte, Lecornu tente de se présenter comme un homme de dialogue, mais les divisions au sein de sa majorité et les attaques répétées de l'opposition pourraient bien le contraindre à un nouveau recours au 49.3, malgré ses promesses.