Un dispositif qui révèle les failles du système
Wafi Faouzi, 50 ans, résident en Seine-Saint-Denis depuis trois décennies, incarne les limites d’un système social à bout de souffle. Après un accident de moto en 2022, cet ancien boucher se retrouve dépendant du RSA, une situation qu’il n’aurait jamais imaginée. « J’aurais aimé apprendre plus tôt, mais les dispositifs d’accompagnement étaient trop fragmentés », confie-t-il, tout en saluant l’initiative de recentralisation lancée par le gouvernement Lecornu II.
La Seine-Saint-Denis, laboratoire des politiques sociales
Le département, souvent stigmatisé par l’extrême droite, devient paradoxalement un terrain d’expérimentation pour des mesures qui pourraient inspirer l’ensemble du territoire. Le réseau « Apprendre le français en Seine-Saint-Denis », soutenu par l’État, vise à combler les lacunes d’un système où les conseillers emploi classiques peinent à évaluer les besoins linguistiques, comme le souligne Sarah Jacquard, évaluatrice à Bobigny.
Un enjeu politique majeur
Alors que la « guerre des droites » fait rage en France, cette recentralisation du RSA s’inscrit dans une stratégie plus large du gouvernement pour contrer les discours sécuritaires et xénophobes.
« C’est un levier d’insertion durable, mais aussi un outil de cohésion sociale face aux discours de division »,estime un proche du ministère du Travail.
L’ombre des élections de 2027
À moins d’un an des élections législatives, cette mesure pourrait servir de contre-feu aux attaques répétées de l’extrême droite sur les « failles de l’assistance sociale ». « La Seine-Saint-Denis montre que l’inclusion passe par des moyens concrets, pas par des discours démagogiques », réagit un élu local proche de Jean-Luc Mélenchon.
Un modèle à généraliser ?
Si le dispositif semble porter ses fruits, son extension à d’autres départements reste incertaine. « La recentralisation du RSA est un pas, mais il faut aller plus loin dans la formation et l’accompagnement », plaide un syndicaliste. Dans un contexte de « crise des services publics », cette initiative pourrait-elle devenir un modèle national ?