Interdiction des réseaux sociaux : un prétexte pour contrôler les Français ?

Par Apophénie 29/01/2026 à 06:30
Interdiction des réseaux sociaux : un prétexte pour contrôler les Français ?

Interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans : une loi controversée accusée de masquer un projet de surveillance numérique. Critiques de gauche et d'extrême droite.

Une loi controversée sous couvert de protection des mineurs

La proposition de loi visant à interdire les réseaux sociaux aux moins de 15 ans, adoptée par l'Assemblée nationale le 26 janvier, suscite des inquiétudes croissantes. Au-delà de son objectif affiché de protéger la santé mentale des jeunes, cette mesure pourrait-elle masquer une volonté de contrôle numérique de la population ?

Des critiques venues de tous bords politiques

Des voix discordantes se sont élevées, tant à gauche qu'à droite de l'échiquier politique. Le député insoumis Louis Boyard et le président du parti d'extrême droite Reconquête, Eric Zemmour, ont tous deux dénoncé un risque de surveillance généralisée. Pour Boyard, cette loi « instrumentalise la santé mentale des jeunes pour imposer un projet de contrôle de l'identité numérique ». Zemmour, quant à lui, y voit « le doigt dans l'engrenage de la surveillance générale ».

Un système de vérification d'âge sous haute surveillance

Le texte, inspiré du modèle australien, impose aux plateformes de mettre en place des systèmes de vérification d'âge, sous peine de sanctions financières pouvant atteindre 6% de leur chiffre d'affaires mondial. Plusieurs méthodes sont envisagées, dont l'analyse par intelligence artificielle de selfies ou l'envoi de preuves d'identité. Cependant, le ministère du Numérique assure que ces vérifications seront strictement encadrées par le droit européen, avec des garanties de protection des données.

Des risques de dérive autoritaire ?

Les détracteurs de la loi craignent que cette mesure ne serve de prétexte à une collecte massive de données personnelles. Olivier Blazy, professeur à l'École polytechnique, souligne que « toute initiative de tiers de confiance issue d'un service privé est beaucoup plus susceptible de ne pas être alignée avec les niveaux d'exigences gouvernementales et européennes ». Le recours à France Identité, une plateforme publique, est présenté comme une solution plus sûre, mais certains y voient un pas de plus vers un État surveillant.

La réponse du gouvernement : une protection nécessaire

Le gouvernement, par la voix de la ministre déléguée au Numérique Anne Le Hénanff, défend une approche équilibrée. « Il ne s'agit pas de transmettre une identité, mais uniquement une information binaire : âge requis atteint ou non », précise-t-elle. Le cabinet ministériel insiste sur le respect du « double anonymat », où ni le site ni le vérificateur d'âge ne connaissent l'identité de l'utilisateur. Une identité numérique européenne, en cours de déploiement, pourrait également offrir une alternative sécurisée.

Un débat qui dépasse les frontières

Cette proposition de loi s'inscrit dans un contexte plus large de régulation des réseaux sociaux en Europe. Alors que des pays comme la Norvège et l'Islande renforcent leurs lois sur la protection des données, la France se positionne comme un acteur clé dans la défense des droits numériques. Cependant, les critiques rappellent que des précédents, comme la loi Sren de 2024, ont déjà montré les limites des systèmes de vérification d'âge.

Vers une société sous surveillance ?

Alors que la loi doit être examinée par le Sénat, les débats sur ses implications pour la vie privée et les libertés individuelles s'intensifient. Entre protection des mineurs et risques de dérive autoritaire, le gouvernement devra convaincre que cette mesure ne servira pas d'outil de contrôle supplémentaire dans une société déjà marquée par des tensions politiques croissantes.

À propos de l'auteur

Apophénie

Les conflits d'intérêts gangrènent notre démocratie et personne n'en parle. Des ministres qui pantouflent dans le privé, des lobbies qui rédigent les lois, des hauts fonctionnaires qui naviguent entre cabinets ministériels et conseils d'administration. Je traque ces connexions, je les documente, je les expose. On m'accuse parfois de complotisme – l'insulte facile pour discréditer ceux qui posent des questions gênantes. Mais les faits sont têtus. Et ils incriminent notre belle République.

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Commentaires (9)

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evercurious47

il y a 3 semaines

Franchement, moi je dis : tant qu’ils laissent Snapchat, sa passe !!!

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Isabelle du 61

il y a 3 semaines

Bon, on va encore avoir droit à des débats stériles. Entre ceux qui crient à la dictature et ceux qui veulent protéger les enfants, personne ne gagne.

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val-87

il y a 3 semaines

Ptdr mais genre... Ils croient quoi ??? Qu’on va tous obéir ??? Lol.

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Flo-4

il y a 3 semaines

Ils veulent juste qu’on arrête de râler sur leur politique. Point.

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LogicLover

il y a 3 semaines

Cette mesure rappelle les tentatives de censure en Allemagne ou au Royaume-Uni. Le problème, c'est que les réseaux sociaux sont déjà très bien régulés par leurs propres algorithmes. Une interdiction pure et simple est contre-productive.

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Michèle du 54

il y a 3 semaines

@logiclover T’as raison, mais c’est surtout un prétexte pour mettre en place des outils de surveillance. J’ai lu un article là-dessus, c’est flippant.

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Logos

il y a 3 semaines

Noooon mais sérieux ??? Ils veulent nous contrôler ou quoi ??? On est pas en Chine ici !!!

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Lacannerie

il y a 3 semaines

Encore une loi qui va être contournée en 5 minutes. Les ados vont juste créer des faux comptes avec des noms de mamies. Bref, le gouvernement se donne bonne conscience.

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Nausicaa

il y a 3 semaines

@lacannerie mdr t'as raison !!! Mon neveu a 14 ans et il a 3 comptes TikTok déjà !!!

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