Le Rassemblement National attaque le gouvernement sur la stratégie énergétique
Le groupe RN à l'Assemblée nationale a déposé lundi 23 février une motion de censure contre le gouvernement, dénonçant la publication par décret de la stratégie énergétique 2035. Cette décision, prise le 13 février, suscite une vive polémique à droite, où l'on accuse le pouvoir exécutif de contourner le Parlement.
Un acte « illibéral » selon Marine Le Pen
Marine Le Pen, présidente du groupe RN, avait appelé les députés hostiles à la Programmation pluriannuelle de l'énergie (PP3) à déposer une motion de censure. Le parti d'extrême droite dénonce un « acte illibéral contre le Parlement » et une « politique décroissante » qui privilégierait les énergies intermittentes au détriment du nucléaire.
« Le gouvernement aurait dû passer par la loi, en vertu du code de l'énergie. C'est un choix irrationnel dicté par la Commission européenne. »
La motion sera examinée au plus tôt mercredi, mais son adoption semble improbable, les motions du RN n'ayant jamais été soutenues par la gauche.
La droite sénatoriale monte au créneau
La droite sénatoriale a également protesté contre l'utilisation d'un décret, qualifiant cette méthode de « mépris démocratique ». Un débat est prévu lundi après-midi au Sénat, à la demande de son président, Gérard Larcher.
Une stratégie controversée
Le gouvernement, dirigé par le Premier ministre Sébastien Lecornu, a dévoilé sa feuille de route énergétique le 12 février, après trois ans de débats. La stratégie mise sur une électricité décarbonée, notamment nucléaire, pour remplacer les énergies fossiles. Cependant, le RN critique un « moindre déploiement » de l'éolien et du solaire, tout en accusant l'exécutif de « mentir » sur le nucléaire.
Un contexte de tensions politiques
Cette motion intervient dans un climat de forte polarisation, marqué par la crise des relations franco-américaines et les préparatifs des élections de 2027. Le RN tente de se positionner comme le défenseur du Parlement, tandis que le gouvernement défend une approche pragmatique, en phase avec les engagements européens.
L'Europe au cœur des débats
Le RN accuse la Commission européenne d'imposer une transition énergétique « idéologique », tandis que le gouvernement assure agir dans le cadre des directives européennes. Cette opposition reflète les tensions persistantes entre souverainistes et pro-européens en France.