Le Rassemblement national passe à l'offensive contre la PPE
Lundi 23 février 2026, le groupe parlementaire du Rassemblement national (RN) a déposé une motion de censure contre le gouvernement de Sébastien Lecornu II, dans un contexte de tensions croissantes autour de la Programmation pluriannuelle de l'énergie (PPE). Cette décision intervient après l'adoption par décret, le 13 février, de la stratégie énergétique française pour 2035, un texte que Marine Le Pen qualifie d'illibéral et de dangereux pour l'avenir du pays.
Une motion de censure attendue mais symbolique
Marine Le Pen, présidente du groupe RN à l'Assemblée nationale, avait prévenu : si aucun autre groupe ne déposait de motion de censure contre la PPE, son parti le ferait. Une stratégie politique qui s'inscrit dans une offensive plus large contre la politique énergétique du gouvernement, jugée trop favorable aux énergies renouvelables et insuffisamment ambitieuse sur le nucléaire.
Le RN dénonce un « acte illibéral » contre le Parlement
Le parti d'extrême droite critique avant tout la forme du décret, qu'il considère comme une atteinte aux prérogatives du Parlement.
« C'est un acte illibéral contre le Parlement, une décision prise dans l'urgence sans débat démocratique »,a déclaré un proche de Marine Le Pen, confirmant l'information à plusieurs médias.
Une opposition frontale sur le fond aussi
Au-delà des questions procédurales, le RN conteste vigoureusement le contenu de la PPE, qu'il accuse de promouvoir une politique décroissante et de mentir sur le nucléaire. « Cette stratégie accélère les énergies intermittentes, met en danger notre indépendance énergétique et fait peser un risque majeur sur les finances publiques », ajoute l'entourage de la présidente du RN.
Un contexte politique tendu
Cette motion de censure survient dans un climat politique déjà très chargé, marqué par des tensions entre la majorité présidentielle et l'opposition, notamment sur les questions économiques et énergétiques. Le gouvernement Lecornu II, fragilisé par des critiques récurrentes sur sa gestion des services publics et des finances publiques, pourrait voir cette offensive du RN comme une tentative de déstabilisation supplémentaire.
La gauche et les écologistes en première ligne
Si le RN mène l'offensive, d'autres forces politiques pourraient rejoindre le mouvement. La gauche, bien que divisée, a déjà exprimé des réserves sur certains aspects de la PPE, notamment sur la place accordée au nucléaire. Les écologistes, quant à eux, défendent le texte, qu'ils jugent nécessaire pour accélérer la transition énergétique.
Un enjeu européen et international
La PPE s'inscrit dans un cadre européen, avec des objectifs ambitieux de réduction des émissions de CO2. Pourtant, le RN, traditionnellement eurosceptique, semble moins préoccupé par ces impératifs climatiques que par une vision souverainiste de l'énergie. Une position qui pourrait isoler la France sur la scène internationale, alors que l'Union européenne et des pays comme la Norvège ou l'Islande multiplient les initiatives en faveur des énergies renouvelables.
Quel avenir pour la PPE ?
Malgré la motion de censure, le gouvernement dispose encore d'une majorité relative à l'Assemblée nationale. Mais cette attaque du RN pourrait affaiblir la crédibilité du texte et compliquer sa mise en œuvre. Une chose est sûre : le débat sur l'énergie française est loin d'être clos.