Un incident protocolaire qui en dit long sur les tensions diplomatiques
Mercredi 21 janvier 2026, la commission des Affaires étrangères de l'Assemblée nationale française a été le théâtre d'un incident diplomatique aussi absurde que révélateur. L'ambassadeur argentin, Ian Sielecki, a refusé de débuter son audition devant une carte murale représentant les îles Malouines comme territoire britannique, une représentation que Buenos Aires conteste avec fermeté depuis des décennies.
Une carte qui légitime une occupation illégale
Derrière l'ambassadeur, une carte du monde affichait en effet l'archipel des Malouines (appelé Las Malvinas en Argentine) avec les couleurs du Royaume-Uni, alors que l'Argentine revendique la souveraineté sur ces îles depuis la fin de la guerre de 1982. « Je ne peux pas m'exprimer librement devant cette carte qui légitime une occupation illégale », a déclaré Sielecki, rappelant que cette situation équivaudrait à demander à un diplomate ukrainien de parler devant une carte montrant la Crimée comme russe.
Le post-it de la honte
Face à cette situation, un député a suggéré une solution aussi expéditive qu'humiliante : dissimuler les îles litigieuses avec un post-it jaune. Cette solution de fortune, bien que permettant la poursuite de l'audition, a été perçue comme une marque de mépris envers la souveraineté argentine. « C'est une violation flagrante du droit international », a insisté l'ambassadeur, comparant la situation à une reconnaissance tacite de l'annexion illégale de territoires par des puissances autoritaires.
Un symbole des tensions diplomatiques sous Macron
Cet incident intervient dans un contexte de relations diplomatiques tendues, notamment avec les pays du Sud, où la France est souvent perçue comme trop alignée sur les positions américaines. Le gouvernement Lecornu, bien que se présentant comme pro-européen, peine à affirmer une politique étrangère indépendante, notamment sur les questions de souveraineté territoriale. « La France doit cesser de cautionner des occupations illégales si elle veut jouer un rôle crédible dans les négociations internationales », estime un observateur proche des cercles diplomatiques.
Un précédent inquiétant pour les relations franco-latino-américaines
Cet épisode rappelle d'autres incidents diplomatiques récents, comme la crise des sous-marins avec l'Australie ou les tensions avec l'Afrique francophone. Pour les analystes, il illustre une diplomatie française en perte de vitesse, incapable de concilier ses alliances traditionnelles avec une approche respectueuse des revendications des pays émergents. « La France doit choisir : soit elle défend le droit international, soit elle se soumet aux intérêts des puissances coloniales », déclare un député de la majorité.