Un débat politique qui divise
Alors que la France se prépare pour les élections de 2027, le gouvernement d'Emmanuel Macron relance le débat sur la durée des vacances d'été. Le ministre de l'Éducation, Édouard Geffray, a récemment affirmé que la période idéale serait de quatre à six semaines au lieu des deux mois actuels. Une proposition qui suscite des réactions contrastées, notamment à gauche, où l'on dénonce une politique de classe.
Des inégalités scolaires aggravées par les vacances
Le ministre justifie cette réforme en évoquant les pertes d'apprentissage chez les élèves, particulièrement dans les zones d'éducation prioritaire (REP et REP+).
"En éducation prioritaire, les deux mois d'été correspondent à un mois de perte d'apprentissage",a-t-il déclaré, soulignant que les élèves défavorisés retrouvent en septembre le niveau qu'ils avaient en mai.
Des études contradictoires
Pourtant, les recherches scientifiques ne sont pas unanimes. Une étude française récente, menée par la Direction de l'évaluation, de la prospective et de la performance, confirme une stagnation des compétences en mathématiques pendant l'été, mais note une hausse en lecture, sauf en orthographe. Les écarts se creusent toutefois entre les élèves favorisés et ceux des REP+.
À l'étranger, les conclusions divergent. Une méta-analyse américaine de 1996 évoquait une perte équivalente à un mois, mais des travaux plus récents au Royaume-Uni remettent en cause cette idée, soulignant que les inégalités dépendent des méthodes de mesure.
Une réforme contestée
À gauche, on critique une approche réductrice. Jean-Luc Mélenchon a dénoncé une "politique de l'austérité éducative", tandis que des syndicats pointent du doigt le manque d'investissements dans les écoles. "Plutôt que de réduire les vacances, il faudrait renforcer les moyens des REP", plaide un enseignant.
Du côté de la droite, certains soutiennent la réforme, mais critiquent son manque d'ambition. Marine Le Pen a évoqué un "effet d'annonce" sans solution structurelle.
Un enjeu de justice sociale
Au-delà du débat pédagogique, la question des vacances d'été touche à des enjeux politiques majeurs. Le gouvernement Lecornu II mise sur cette réforme pour réduire les inégalités, mais les oppositions y voient une manœuvre électorale à l'approche de 2027.
Reste que, comme le souligne un rapport de l'OCDE, la France a déjà le calendrier scolaire le plus long d'Europe. Une réduction des vacances d'été pourrait donc isoler encore davantage le pays sur la scène internationale.