Un débat qui divise depuis des années
Emmanuel Macron a réaffirmé, jeudi 5 février, son soutien à une réforme des rythmes scolaires, prônant des journées plus courtes au collège et au lycée, ainsi qu'un raccourcissement des vacances d'été. Cette proposition, déjà évoquée à plusieurs reprises, s'inscrit dans un contexte de tensions politiques et sociales autour de l'éducation.
Des journées moins chargées pour mieux apprendre
Lors d'un entretien avec le média Brut, le président a défendu l'idée d'une journée scolaire commençant plus tard et se terminant plus tôt, permettant aux élèves de pratiquer du sport ou des activités culturelles. « Avec des journées moins chargées, on apprend mieux », a-t-il déclaré, soulignant que cette réforme pourrait réduire les inégalités sociales.
« La contrepartie, c'est sans doute d'avoir des vacances plus courtes. On pourrait reprendre un peu plus tôt au mois d'août, on pourrait partir un peu plus tard en vacances. Je pense qu'un gros mois de vacances, ce serait envisageable. »
Macron a rappelé que la France avait des vacances plus longues que la plupart des pays européens, ce qui, selon lui, crée une « injustice sociale » entre les familles. Les enfants des milieux défavorisés, moins stimulés pendant l'été, auraient tendance à « désapprendre » davantage.
Un gouvernement réticent et un débat reporté
Malgré ses propositions, le président a reconnu que c'est au gouvernement, dirigé par Sébastien Lecornu, d'agir. Or, le ministre de l'Éducation nationale, Édouard Geffray, a reporté ce débat à la présidentielle de 2027, malgré les recommandations de la Convention citoyenne sur les temps de l'enfant.
Fin novembre, cette convention avait proposé de ne pas commencer les cours avant 9 heures au collège et au lycée, ainsi que cinq jours d'école « pleins » par semaine dès l'élémentaire. Ces mesures visent à mieux étaler les apprentissages et à réduire la fatigue des élèves.
Une réforme controversée dans un contexte politique tendu
Cette nouvelle relance du débat intervient alors que la droite et l'extrême droite critiquent régulièrement les réformes éducatives du gouvernement. Marine Le Pen et Jordan Bardella ont déjà dénoncé une « ingérence de l'État dans la vie des familles », tandis que Jean-Luc Mélenchon a accusé Macron de vouloir « flexibiliser » le système scolaire sans réelle consultation.
Dans un contexte de crise des vocations politiques et de préparation des élections de 2027, cette proposition pourrait bien devenir un enjeu majeur, opposant les partisans d'un système plus flexible à ceux qui défendent le modèle traditionnel.