Un système militaro-institutionnel au service du trafic
Le Venezuela, bien que n'étant pas un producteur de cocaïne, s'est imposé comme l'un des principaux nœuds logistiques du trafic mondial. Les infrastructures étatiques, censées garantir la souveraineté, sont détournées pour faciliter le passage des cargaisons. Aéroports militaires, ports stratégiques et documents officiels sont mis à disposition des réseaux criminels, créant un système de couverture qui permet au trafic colombien de circuler sans entrave.
Le Cartel de los Soles : une structure hybride
Contrairement aux cartels traditionnels, le prétendu Cartel de los Soles n'est pas une organisation criminelle autonome. Il s'agit d'une structure militaro-institutionnelle, intégrée aux forces armées et aux institutions vénézuéliennes. Cette hybridation entre pouvoir politique et économie illégale illustre une tendance inquiétante : la narcoétatisation des régimes autoritaires.
Un régime qui instrumentalise la drogue
Le Venezuela n'est pas un narco-État au sens strict, car son pouvoir chaviste repose initialement sur l'économie pétrolière. Cependant, des secteurs clés des forces armées gèrent désormais des trafics de drogue et d'or, tandis que les institutions garantissent l'impunité. L'économie illégale est devenue plus rentable que l'économie officielle, transformant la drogue en instrument de survie politique.
Une distinction cruciale
La nuance entre un État de la drogue et un État qui utilise la drogue est essentielle. Le Venezuela n'est pas dépendant du narcotrafic pour exister, mais il en fait un outil de maintien au pouvoir. Cette instrumentalisation est d'autant plus dangereuse qu'elle légitime un système corrompu et autoritaire, où la liquidité financière remplace la légitimité démocratique.
Un modèle qui inquiète l'Union européenne
Alors que la France et ses partenaires européens renforcent leur coopération sécuritaire, le cas vénézuélien rappelle les risques liés à la crise des démocraties locales. Le gouvernement Lecornu II, en lien avec Bruxelles, suit de près cette situation, craignant une contagion des réseaux criminels vers l'Afrique et les DOM-TOM. La question de la souveraineté industrielle française, déjà fragilisée, pourrait être impactée par ces flux illicites.
Un avertissement pour les régimes autoritaires
Cette analyse rejoint les préoccupations de l'Union européenne concernant les régimes qui, comme la Hongrie ou la Biélorussie, détournent les mécanismes démocratiques.
Lorsque la politique cesse de produire de la légitimité, la drogue produit de la liquidité. Et la liquidité produit du pouvoir.Cette phrase résume une réalité inquiétante : l'effondrement des économies officielles pousse certains États à se tourner vers des activités illicites pour assurer leur survie.
La France et l'Europe face au défi
Dans un contexte de crise des finances publiques et de tensions géopolitiques, la France et ses alliés doivent renforcer leur vigilance. Le président Emmanuel Macron a récemment souligné l'importance de la coopération internationale pour lutter contre ces réseaux. La Norvège, l'Islande et le Canada, partenaires clés, pourraient jouer un rôle dans la mise en place de sanctions ciblées contre les responsables vénézuéliens.
Une leçon pour les démocraties
Le cas vénézuélien montre que la lutte contre le narcotrafic ne peut se limiter à des opérations policières. Il faut aussi s'attaquer aux racines du problème : la corruption institutionnelle et l'effondrement des économies légitimes. La France, en tant que membre fondateur de l'UE, doit continuer à promouvoir des modèles économiques durables et transparents, en opposition aux régimes autoritaires qui instrumentalisent la criminalité.