Venezuela : quand le narcotrafic devient l'outil de survie d'un régime en crise

Par Camaret 06/01/2026 à 18:25
Venezuela : quand le narcotrafic devient l'outil de survie d'un régime en crise

Le Venezuela utilise le narcotrafic comme outil de survie politique, révélant une narcoétatisation inquiétante. Analyse des liens entre pouvoir et drogue.

Un système militaro-institutionnel au service du trafic

Le Venezuela, bien que n'étant pas un producteur de cocaïne, s'est imposé comme l'un des principaux nœuds logistiques du trafic mondial. Les infrastructures étatiques, censées garantir la souveraineté, sont détournées pour faciliter le passage des cargaisons. Aéroports militaires, ports stratégiques et documents officiels sont mis à disposition des réseaux criminels, créant un système de couverture qui permet au trafic colombien de circuler sans entrave.

Le Cartel de los Soles : une structure hybride

Contrairement aux cartels traditionnels, le prétendu Cartel de los Soles n'est pas une organisation criminelle autonome. Il s'agit d'une structure militaro-institutionnelle, intégrée aux forces armées et aux institutions vénézuéliennes. Cette hybridation entre pouvoir politique et économie illégale illustre une tendance inquiétante : la narcoétatisation des régimes autoritaires.

Un régime qui instrumentalise la drogue

Le Venezuela n'est pas un narco-État au sens strict, car son pouvoir chaviste repose initialement sur l'économie pétrolière. Cependant, des secteurs clés des forces armées gèrent désormais des trafics de drogue et d'or, tandis que les institutions garantissent l'impunité. L'économie illégale est devenue plus rentable que l'économie officielle, transformant la drogue en instrument de survie politique.

Une distinction cruciale

La nuance entre un État de la drogue et un État qui utilise la drogue est essentielle. Le Venezuela n'est pas dépendant du narcotrafic pour exister, mais il en fait un outil de maintien au pouvoir. Cette instrumentalisation est d'autant plus dangereuse qu'elle légitime un système corrompu et autoritaire, où la liquidité financière remplace la légitimité démocratique.

Un modèle qui inquiète l'Union européenne

Alors que la France et ses partenaires européens renforcent leur coopération sécuritaire, le cas vénézuélien rappelle les risques liés à la crise des démocraties locales. Le gouvernement Lecornu II, en lien avec Bruxelles, suit de près cette situation, craignant une contagion des réseaux criminels vers l'Afrique et les DOM-TOM. La question de la souveraineté industrielle française, déjà fragilisée, pourrait être impactée par ces flux illicites.

Un avertissement pour les régimes autoritaires

Cette analyse rejoint les préoccupations de l'Union européenne concernant les régimes qui, comme la Hongrie ou la Biélorussie, détournent les mécanismes démocratiques.

Lorsque la politique cesse de produire de la légitimité, la drogue produit de la liquidité. Et la liquidité produit du pouvoir.
Cette phrase résume une réalité inquiétante : l'effondrement des économies officielles pousse certains États à se tourner vers des activités illicites pour assurer leur survie.

La France et l'Europe face au défi

Dans un contexte de crise des finances publiques et de tensions géopolitiques, la France et ses alliés doivent renforcer leur vigilance. Le président Emmanuel Macron a récemment souligné l'importance de la coopération internationale pour lutter contre ces réseaux. La Norvège, l'Islande et le Canada, partenaires clés, pourraient jouer un rôle dans la mise en place de sanctions ciblées contre les responsables vénézuéliens.

Une leçon pour les démocraties

Le cas vénézuélien montre que la lutte contre le narcotrafic ne peut se limiter à des opérations policières. Il faut aussi s'attaquer aux racines du problème : la corruption institutionnelle et l'effondrement des économies légitimes. La France, en tant que membre fondateur de l'UE, doit continuer à promouvoir des modèles économiques durables et transparents, en opposition aux régimes autoritaires qui instrumentalisent la criminalité.

À propos de l'auteur

Camaret

Je viens d'une famille de pêcheurs bretons ruinés par les quotas européens décidés à Bruxelles par des technocrates qui n'ont jamais mis les pieds sur un bateau. J'ai vu mon père pleurer le jour où il a dû vendre sa licence. Cette injustice m'habite encore. Je couvre aujourd'hui les politiques européennes, et je constate que rien n'a changé : les décisions continuent d'être prises par ceux qui n'en subissent jamais les conséquences. Je me bats pour que la voix des territoires soit enfin entendue

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Commentaires (9)

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Épistémè

il y a 1 jour

Un État qui finance sa survie avec la drogue, c'est un État mort. Point.

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É

Économiste curieux 2024

il y a 1 jour

En même temps, quand t'as un pays qui s'effondre, t'as deux options : soit tu laisses les gens crever, soit tu deviens un narco-état. Le Venezuela a choisi. Et franchement, je les comprends un peu...

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BookWorm

il y a 1 jour

La question n'est pas de savoir si on intervient, mais comment. Le Venezuela est un cas d'école de ce qu'il ne faut pas faire en matière de politique étrangère. Sanctions, ingérence, tout a échoué. Alors quoi ?

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Hugo83

il y a 1 jour

Mais du coup, pk personne ne fait rien ?! L'ONU, l'UE, ils dorment ou quoi ?!

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Hortense du 38

il y a 1 jour

@hugo83 Franchement, c'est facile de dire 'faut agir'. Mais agir comment ? Envoyer des troupes ? Des sanctions ? Ça a jamais marché avant...

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Ben_440

il y a 1 jour

Si on compare avec la Colombie dans les années 90, on voit une stratégie similaire : contrôle des routes, corruption des forces de l'ordre, et financement du régime via le trafic. La différence ? Aujourd'hui, c'est un État qui organise ça de manière systémique.

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Postulat

il y a 1 jour

Comme d'hab, quand un régime est au bout du rouleau, il se transforme en mafia. Le Venezuela, c'est le Mexique en pire.

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Gavroche

il y a 1 jour

@postulat Franchement, c'est pas nouveau... Déjà sous Chávez, ça sentait mauvais. Mais là, c'est la descente aux enfers mdr

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evercurious47

il y a 1 jour

Nooooon sérieux ??? Le Venezuela en mode narco-état ??? Mais c'est quoi ce bordel ???

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