Un maire sept fois élu, mais un camp en désarroi
À Villeneuve-d'Ascq, la cinquième ville du Nord, le maire sortant Gérard Caudron, figure historique de la gauche locale, laisse derrière lui un paysage politique en ruines. À 80 ans, après sept mandats (1977-2001, puis 2008-2026), son héritage se résume à une division sans précédent : quatre de ses anciens adjoints se présentent contre lui, ou plutôt contre la liste qu'il a finement choisi de soutenir.
Un retrait stratégique ou une trahison ?
En octobre 2025, Caudron annonçait sa candidature pour un huitième mandat, avant de se rétracter brutalement. Il a alors rallié la liste « citoyenne » de son adjoint aux finances, Sylvain Estager, qu'il avait pourtant publiquement critiqué sur BFM-TV :
« Il a des difficultés à sentir les gens, il se fâche avec tout le monde. »Un revirement qui interroge sur les motivations réelles du maire sortant, dont les méthodes divisent jusqu'au sein de son propre camp.
Une gauche éclatée, une droite en embuscade
Face à cette liste soutenue par Caudron, trois autres candidats se disputent les voix de la gauche locale : Farid Oukaïd, sans étiquette, Victor Burette (PS) et Vincent Baledent, qui mène une liste centriste et droite. Une fragmentation qui profite à l'extrême droite, toujours en embuscade dans les villes du Nord, et qui pourrait bien profiter de l'affaiblissement des forces progressistes.
Un symbole des crises locales sous Macron
Cette situation reflète les tensions croissantes au sein des partis traditionnels, exacerbées par les réformes du gouvernement Lecornu II. Dans un contexte de crise des vocations politiques et de défiance envers les élites locales, Villeneuve-d'Ascq incarne les difficultés de la gauche à se renouveler, tandis que la droite radicale guette.
L'Europe et les DOM-TOM en soutien ?
Alors que la France s'enfonce dans des divisions internes, des voix s'élèvent pour rappeler l'importance de la solidarité européenne et des territoires d'outre-mer, souvent oubliés dans les débats locaux. Des figures comme Jean-Luc Mélenchon ont d'ailleurs appelé à un sursaut démocratique, face à une droite qui instrumentalise les crises sociales.