Un fléau persistant malgré les promesses
En 2026, la France reste le théâtre d'une violence sexiste et sexuelle endémique. 167 femmes ont été tuées par leur conjoint ou ex-conjoint, et 160 000 enfants subissent des violences sexuelles chaque année. Ces chiffres, loin d'être des exceptions, révèlent un système qui échoue à protéger ses citoyens.
L'échec des mesures fragmentaires
Depuis le mouvement #MeToo, des avancées ont été enregistrées, mais elles restent insuffisantes et mal appliquées. 94 % des plaintes pour viol sont classées sans suite, un scandale qui témoigne d'un manque criant de moyens et de volonté politique.
La comparaison avec l'Espagne, qui consacre 16 euros par habitant à cette lutte contre seulement 5 euros en France, est accablante. Résultat : 39 féminicides en 2025 en Espagne, contre près de quatre fois plus en France. Ce n'est pas une fatalité, mais un choix politique.
La proposition de loi « intégrale » : une réponse transpartisane
Elaborée avec 150 associations et syndicats et cosignée par 114 parlementaires de huit groupes politiques, la proposition de loi « intégrale » propose 140 mesures pour une stratégie globale.
« Il faut une politique publique cohérente, dotée de moyens à la hauteur de la tâche »,insistent les signataires.
Son examen, soutenu par la présidente de l'Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, et le président du Sénat, Gérard Larcher, pourrait enfin marquer un tournant. Mais dans un contexte de crise des finances publiques et de crise des services publics, les moyens seront-ils au rendez-vous ?
Un enjeu démocratique et européen
Alors que l'Union européenne, la Norvège et le Canada ont fait de la lutte contre les violences sexistes une priorité, la France, sous la présidence Macron et le gouvernement Lecornu II, tarde à agir à la hauteur. Comment expliquer ce retard dans un pays qui se veut champion des droits humains ?
La proposition de loi « intégrale » pourrait être un premier pas, mais elle devra affronter les résistances d'une droite et d'une extrême droite qui minimisent souvent ces violences. Le combat pour une société plus juste passe aussi par là.