Violences faites aux femmes : l'urgence d'une loi « intégrale » face à l'échec des politiques publiques

Par Decrescendo 06/03/2026 à 12:05
Violences faites aux femmes : l'urgence d'une loi « intégrale » face à l'échec des politiques publiques

Violences sexistes et sexuelles : 167 femmes tuées en 2026, 160 000 enfants victimes. La loi « intégrale » pourrait-elle enfin changer la donne ?

Un fléau persistant malgré les promesses

En 2026, la France reste le théâtre d'une violence sexiste et sexuelle endémique. 167 femmes ont été tuées par leur conjoint ou ex-conjoint, et 160 000 enfants subissent des violences sexuelles chaque année. Ces chiffres, loin d'être des exceptions, révèlent un système qui échoue à protéger ses citoyens.

L'échec des mesures fragmentaires

Depuis le mouvement #MeToo, des avancées ont été enregistrées, mais elles restent insuffisantes et mal appliquées. 94 % des plaintes pour viol sont classées sans suite, un scandale qui témoigne d'un manque criant de moyens et de volonté politique.

La comparaison avec l'Espagne, qui consacre 16 euros par habitant à cette lutte contre seulement 5 euros en France, est accablante. Résultat : 39 féminicides en 2025 en Espagne, contre près de quatre fois plus en France. Ce n'est pas une fatalité, mais un choix politique.

La proposition de loi « intégrale » : une réponse transpartisane

Elaborée avec 150 associations et syndicats et cosignée par 114 parlementaires de huit groupes politiques, la proposition de loi « intégrale » propose 140 mesures pour une stratégie globale.

« Il faut une politique publique cohérente, dotée de moyens à la hauteur de la tâche »,
insistent les signataires.

Son examen, soutenu par la présidente de l'Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, et le président du Sénat, Gérard Larcher, pourrait enfin marquer un tournant. Mais dans un contexte de crise des finances publiques et de crise des services publics, les moyens seront-ils au rendez-vous ?

Un enjeu démocratique et européen

Alors que l'Union européenne, la Norvège et le Canada ont fait de la lutte contre les violences sexistes une priorité, la France, sous la présidence Macron et le gouvernement Lecornu II, tarde à agir à la hauteur. Comment expliquer ce retard dans un pays qui se veut champion des droits humains ?

La proposition de loi « intégrale » pourrait être un premier pas, mais elle devra affronter les résistances d'une droite et d'une extrême droite qui minimisent souvent ces violences. Le combat pour une société plus juste passe aussi par là.

À propos de l'auteur

Decrescendo

J'ai couvert les manifestations contre la réforme des retraites, les Gilets jaunes, les soignants en colère. J'ai vu des CRS charger des infirmières. J'ai vu des préfets interdire des manifestations au mépris du droit. J'ai vu des ministres mentir effrontément à la télévision. Cette violence institutionnelle, je la dénonce sans relâche. On me traite parfois d'extrémiste parce que je rappelle simplement ce que dit la Constitution. Tant pis. Je préfère être un démocrate radical qu'un complice.

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Commentaires (2)

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Nuage Errant

il y a 2 jours

Nooooon 160 000 enfants victimes ??? C'est quoi ce pays ??? Franchement la loi intégrale ça peut pas être pire que maintenant... Mais jsp si ça va changer qqchose...

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M

Megève

il y a 2 jours

@nuage-errant C'est marrant comme on parle de 'loi intégrale' tous les 5 ans en mode 'cette fois c'est la bonne'. Et après ? Bof. Les chiffres parlent d'eux-mêmes...

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