Zemmour reprend la main : la candidate fantôme de Reconquête ! s’efface pour 2027

Par SilverLining 04/06/2026 à 10:16
Zemmour reprend la main : la candidate fantôme de Reconquête ! s’efface pour 2027

Après des mois de spéculations, Eric Zemmour se repositionne comme le candidat naturel de son parti pour 2027. Sarah Knafo, longtemps présentée comme une alternative, voit son étoile pâlir. Analyse d’un retour annoncé dans l’ombre des divisions de l’extrême droite.

Eric Zemmour, le retour triomphal d’un candidat éternel

Le ballet des ambitions au sein de Reconquête ! vient de connaître un rebondissement aussi spectaculaire que prévisible. Trois semaines après que des rumeurs persistantes ont suggéré qu’une figure féminine du parti pourrait lui damer le pion, Eric Zemmour a repris sa place naturelle : celle de candidat putatif à la présidentielle de 2027. Une issue qui, pour beaucoup, relevait moins du scénario politique que de l’inévitable.

Depuis le début du mois de mai, les observateurs politiques scrutaient avec une fascination mêlée d’incrédulité la montée en visibilité de Sarah Knafo, souvent présentée comme l’héritière désignée du polémiste. Les déjeuners parisiens, les déclarations ambiguës et les spéculations médiatiques ont alimenté un feuilleton dont l’issue, aujourd’hui, semble scellée. Lundi 1er juin, lors d’un comité opérationnel du parti auquel le leader historique ne daigne jamais assister, la porte-parole et compagne de Zemmour s’est exprimée avec une prudence calculée. « Les médias ont acté qu’Eric serait sans doute notre candidat », a-t-elle déclaré, sans pour autant trancher la question. Une formule qui, pour les participants présents, sonnait davantage comme une reddition en demi-teinte qu’une affirmation politique.

Cette séquence illustre une fois de plus la nature profondément verticale et patriarcale de l’extrême droite française, où les femmes, fussent-elles brillantes et influentes, peinent à incarner l’autorité suprême. Les propos tenus par Zemmour dans Le Premier Sexe, pamphlet publié en 2006, prennent ici une résonance particulière. Le polémiste y affirmait sans détour que « les femmes n’incarnent pas le pouvoir, c’est comme ça », ajoutant que « la paix, le consensus, la conciliation » étaient des « valeurs féminines ». Des déclarations qui, loin d’être anecdotiques, révèlent une vision du monde où le leadership politique reste un bastion masculin, malgré les évolutions sociétales.

Une loyauté de façade, des calculs en coulisses

Sarah Knafo, longtemps perçue comme une possible « grande remplaçante », a pourtant multiplié les déclarations de soutien public à Zemmour dans les semaines précédentes. Dans Le Journal du Dimanche, elle affirmait avec une ferveur apparemment sans faille : « Je souhaite qu’Eric Zemmour soit notre candidat (…). Mon rôle, c’est de construire le meilleur programme. » Pourtant, dans l’intimité des discussions avec ses proches ou lors d’échanges informels avec des journalistes, ses positions semblaient moins tranchées. Certains interlocuteurs rapportent qu’elle évoquait ouvertement, en mai, la possibilité d’un « binôme » tranché en juillet, en fonction des intentions de vote respectives des deux figures. Une stratégie qui, si elle avait abouti, aurait marqué une rupture historique dans le paysage politique français.

Pourtant, les jeux étaient déjà faits. Zemmour, dont l’ego et l’ambition ne souffrent aucune concurrence, ne pouvait envisager de se retirer au profit d’une « parenthèse féminine ». D’autant que son parti, Reconquête !, reste avant tout le reflet d’un mouvement où le charisme personnel prime sur toute autre considération. Les anciens cadres du mouvement, aujourd’hui narquois, évoquent avec ironie l’idée qu’une femme puisse « grand-remplacer » le fondateur du parti. Une boutade qui en dit long sur la culture politique d’une formation où la parité reste un concept lointain.

Le parti sous tension : entre divisions et calculs électoraux

La situation actuelle au sein de Reconquête ! reflète les tensions internes qui minent l’extrême droite française. Depuis sa création en 2021, le parti peine à s’imposer comme une force unie, oscillant entre radicalité et modération selon les circonstances. Zemmour, dont les positions anti-européennes et nationalistes radicales ont marqué la vie politique ces dernières années, incarne une ligne dure qui séduit une partie de l’électorat déçu par les partis traditionnels. Pourtant, son leadership est régulièrement contesté, y compris au sein de son propre camp.

Les élections municipales de Paris, où Knafo a été longuement médiatisée, ont servi de catalyseur à ces spéculations. Son projet, bien que jamais officiellement annoncé, a alimenté les rumeurs d’une candidature alternative. Mais derrière les discours sur la « construction d’un programme », c’est bien une lutte de pouvoir qui se jouait. Et comme souvent dans les cercles d’extrême droite, cette lutte a été tranchée en faveur de l’homme, au détriment de la femme.

Cette dynamique n’est pas sans rappeler les mécanismes observés dans d’autres formations politiques françaises, où les femmes sont souvent cantonnées à des rôles d’accompagnement ou de représentation, tandis que les postes décisionnels restent l’apanage des hommes. Une réalité qui contraste sharply avec les valeurs affichées par une partie de la gauche, mais aussi avec les principes démocratiques que la France prétend incarner.

Un paysage politique en ébullition

Alors que Emmanuel Macron achève son second mandat sous le signe d’une politique libérale et pro-européenne, la droite et l’extrême droite s’organisent pour lui succéder. Le gouvernement Sébastien Lecornu II, en place depuis début 2026, tente de stabiliser une majorité fragilisée par les divisions internes et les remous sociaux. Dans ce contexte, la stratégie de Zemmour apparaît comme une provocation délibérée : un retour aux fondamentaux les plus radicaux, dans un pays où les inégalités sociales et les fractures territoriales ne cessent de s’aggraver.

Les sondages, encore balbutiants pour 2027, placent déjà le leader de Reconquête ! en position de force au sein de la droite, face à une Marine Le Pen dont l’influence s’essouffle et à une droite traditionnelle en crise d’identité. Zemmour mise sur un discours anti-élites, anti-immigration et souverainiste, puisant dans un électorat en quête de certitudes. Pourtant, son retour en première ligne soulève des questions sur l’avenir même de la démocratie française : un parti dont les valeurs remettent en cause les fondements républicains peut-il légitimement prétendre diriger le pays ?

Les prochains mois s’annoncent décisifs. Si Zemmour officialise sa candidature, il faudra compter avec une opposition unie, mais aussi avec les divisions internes à son propre camp. Les observateurs s’interrogent déjà sur l’impact d’un tel choix : entre radicalisation du débat public et risque de marginalisation, le pari est loin d’être gagné. Une chose est sûre : en 2027, la France devra choisir entre deux visions du pays, l’une ancrée dans l’ouverture et le progrès social, l’autre résolument tournée vers un nationalisme excluant.

Les femmes dans la tourmente de l’extrême droite

Le cas de Sarah Knafo illustre une réalité plus large : celle des femmes dans l’extrême droite française, où leur place reste souvent subalterne malgré leur engagement. Rarement mises en avant dans les instances dirigeantes, elles sont fréquemment cantonnées à des rôles de communication ou de représentation, tandis que les décisions stratégiques sont prises par des hommes. Cette organisation interne reflète une idéologie où la domination masculine est consubstantielle à la vision du monde défendue.

Les propos de Zemmour sur les « valeurs féminines » – la conciliation, la paix – sont révélateurs d’une assignation des femmes à des rôles traditionnels, loin des sphères de pouvoir. Une vision qui, si elle était appliquée, réduirait considérablement l’influence des femmes dans la vie politique française. Pourtant, malgré ces freins structurels, des figures comme Knafo parviennent à s’imposer, non sans difficulté.

Son parcours, marqué par une proximité avec Zemmour et une ambition affichée, montre que les femmes peuvent émerger dans ce milieu. Mais leur ascension reste conditionnée par des compromis et des renoncements, sous peine de se heurter à l’intransigeance des leaders masculins. Dans le cas de Knafo, son effacement relatif face à Zemmour souligne une fois de plus les limites du plafond de verre dans l’extrême droite.

À propos de l'auteur

SilverLining

On me demande souvent comment je garde espoir face au désastre politique actuel. Ma réponse est simple : je vois ce qui se passe sur le terrain. Des citoyens qui s'organisent, des collectifs qui naissent, des alternatives qui émergent. La politique ne se résume pas aux jeux de pouvoir parisiens. Partout en France, des gens refusent la résignation et inventent autre chose. C'est cette France-là que je documente, celle qui ne fait jamais les gros titres mais qui prépare le monde d'après.

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Commentaires (4)

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Hugo83

il y a 18 minutes

@poseridon C'est facile de se moquer ! Toi t'as jamais essayé de militer dans un parti où tout le monde se tire dans les pattes ? Perso j'ai abandonné après 2 ans... La vie de militant c'est 90% de réunions chiantes et 10% de coups de poignard dans le dos.

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B

Bergeronnette

il y a 1 heure

Knafo en 2027 ? Même son parti ne la retient plus. La droite extrême a encore trouvé plus extrême qu'elle. Point final.

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É

Économiste curieux 2024

il y a 1 heure

La candidate fantôme, c'est un peu comme les fantômes en général : on en parle, on la voit pas, et puis un jour elle disparaît sans laisser de trace. mdr

-2
C

Crépuscule

il y a 2 heures

Zemmour et son parti, c'est comme le fromage qui pue : ça se voit de loin et ça finit toujours par prendre la place. Comme d'hab.

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