Une campagne électorale sous tension dans l'Ouest parisien
Alors que la campagne municipale de 2026 bat son plein, Sarah Knafo, candidate de Reconquête, tente de s'imposer comme une alternative crédible à Rachida Dati dans les arrondissements bourgeois de Paris. Une stratégie qui s'inscrit dans un contexte de crise des vocations politiques et de guerre des droites en France.
L'offensive de Reconquête dans les quartiers aisés
Le 7e arrondissement, fief traditionnel de la droite parisienne, est devenu le terrain de jeu de Sarah Knafo. Ses partisans, vêtus de jaune, ont envahi les rues, distribuant des tracts et affichant une présence remarquée. Une démonstration de force face à une équipe Dati visiblement en difficulté. « C'est son vivier naturel d'électeurs », plaisante un militant de Reconquête, soulignant l'ancrage historique de la droite dans ces quartiers.
Les scores d'Eric Zemmour lors de la présidentielle de 2022 dans l'Ouest parisien (17,5% dans le 16e, 15,3% dans le 8e) ont convaincu Reconquête d'envoyer Sarah Knafo en première ligne. Une droite conservatrice semble séduite par la candidate, malgré les critiques sur son manque d'expérience.
« Ça m'énerve, parce que derrière les petites fleurs, les sourires et les slogans gentillets, elle est bien d'extrême droite »,confie une militante LR.
Un duel à fleurets mouchetés
Si Sarah Knafo mise sur une campagne dynamique, alternant vidéos percutantes et déplacements dans les arrondissements bourgeois, Rachida Dati compte sur son ancrage local et son expérience. Le vote utile pourrait jouer un rôle clé, comme le reconnaît un cadre de Reconquête : « Pour l'instant, on ne fait pas peur aux gens de droite, car Rachida Dati ne baisse pas dans les sondages ».
Les listes municipales, qui doivent être déposées fin février, seront un moment crucial. Sarah Knafo affiche une certaine confiance, avec 900 demandes de candidatures, mais l'équipe Dati mise sur des difficultés logistiques pour sa rivale. « Elle va avoir du mal à trouver autant de candidats en si peu de temps », espère un proche de la maire du 7e.
Une campagne marquée par les polémiques
L'erreur de Sarah Knafo sur le prix du pass Navigo (52 euros annuels au lieu de 98,30 euros) a alimenté les critiques. Un symbole de déconnexion pour ses adversaires, mais son équipe minimise l'incident : « C'est la seule chose que nos adversaires ont trouvée pour nous attaquer ».
Dans un contexte de crise des finances publiques, les propositions budgétaires de Knafo séduisent une partie de l'électorat. « Je trouve qu'on dépense trop. Je suis sensible à son programme », confie une habitante du 14e. Mais pour certains, le choix reste incertain : « Si jamais à un moment, il y a un risque que la gauche repasse, je voterai Dati », avoue un électeur du 16e.
Un enjeu national dans la capitale
Au-delà des enjeux locaux, cette campagne reflète les tensions au sein de la droite française. La montée de l'extrême droite et les divisions internes à LR pourraient influencer le paysage politique à l'approche des élections de 2027. « Je suis là pour faire gagner la droite », martèle Sarah Knafo, tandis que Rachida Dati tente de rassembler une droite plus modérée.