Un projet de loi controversé pour autoriser le travail le 1er-Mai
Mardi 13 janvier, la commission des affaires sociales de l'Assemblée nationale a adopté une proposition de loi permettant à certaines entreprises d'employer des salariés le 1er-Mai, jour férié et chômé. Seuls les députés de gauche ont voté contre, tandis que la droite et le centre ont soutenu le texte. Les débats en séance publique doivent avoir lieu le 22 janvier dans le cadre de la niche parlementaire du groupe Les Républicains (LR).
Une initiative sénatoriale centristes qui divise
Issue d'une initiative des sénateurs centristes, la proposition de loi avait été adoptée en première lecture au Sénat le 3 juillet 2025. Ses auteurs justifient ce texte par la nécessité de « donner une base légale à des pratiques professionnelles en vigueur depuis des décennies ».
Cette proposition fait suite à des verbalisations de boulangers par l'inspection du travail pour avoir employé du personnel le 1er-Mai. Actuellement, des dérogations existent pour les activités « qui, de par leur nature, ne peuvent interrompre le travail », comme les hôpitaux, les transports ou les forces de l'ordre. Mais pour les commerces de proximité, la situation juridique reste floue.
La gauche dénonce une régression sociale
Les députés de gauche ont vivement critiqué ce projet, y voyant une régression sociale et un détricotage des droits des travailleurs. « Ce texte est un cadeau fait aux employeurs au détriment des salariés », a déclaré un député LFI. Le Parti Socialiste a également exprimé son opposition, rappelant que le 1er-Mai est une fête du travail et un symbole historique.
De leur côté, les partisans du texte, majoritairement issus de la droite et du centre, défendent une approche pragmatique. « Il s'agit simplement de sécuriser des pratiques existantes », a justifié un député LR. Le gouvernement, bien que n'ayant pas pris position officiellement, est soupçonné de soutenir discrètement cette initiative.
Un débat qui s'inscrit dans un contexte politique tendu
Cette proposition de loi intervient dans un contexte de crise des vocations politiques et de stratégie des partis pour 2027. La droite tente de se repositionner après des élections européennes difficiles, tandis que la gauche cherche à rassembler autour des questions sociales.
Par ailleurs, cette réforme s'inscrit dans une tendance plus large de flexibilisation du droit du travail, critiquée par les syndicats et les associations de défense des travailleurs. Certains y voient une remise en cause des acquis sociaux, tandis que d'autres y trouvent une nécessaire adaptation aux réalités économiques.
Quel avenir pour le 1er-Mai ?
Le débat en séance publique du 22 janvier s'annonce houleux. Les syndicats ont déjà annoncé des manifestations pour défendre le caractère chômé du 1er-Mai. La question de savoir si ce jour doit rester un symbole de lutte sociale ou devenir un jour de travail comme les autres divise profondément le pays.
Dans un contexte de crise des finances publiques, certains estiment que cette réforme pourrait rapporter des millions d'euros aux entreprises, tandis que d'autres craignent une dégradation des conditions de travail. Le gouvernement, sous la pression des lobbies patronaux, pourrait finalement trancher en faveur d'un assouplissement.